Faute de recettes, le déficit explosera en 2009-2010, dit Woerth


Lundi 22 Juin 2009 - 11:32
Reuters


La France fera face à un déficit bien plus élevé que prévu en 2009 et 2010 et tentera de le limiter par une limitation des dépenses publiques et un retour de la croissance, non par une hausse des impôts.


Budget Eric Woerth
Budget Eric Woerth
Le ministre du Budget Eric Woerth a annoncé dimanche un déficit de 7 à 7,5% du PIB en 2009 comme l'année suivante, une croissance du PIB de 0,5% en 2010 et une hausse de 10 milliards d'euros du déficit de la Sécurité sociale en 2010.

"L'Etat sera aux alentours de 115 milliards d'euros de déficit" et les collectivités locales autour de 140 milliards cette année, a-t-il dit lors du Grand Jury RTL.

Pour autant, l'Etat ne prévoit pas d'augmenter le rythme de suppressions de postes chez les fonctionnaires, maintient la suppression progressive de la taxe professionnelle et n'augmentera pas les impôts, a insisté Eric Woerth.

Alors qu'il devait revoir mercredi 24 juin la prévision du déficit, annoncé à 5,6% en mars dernier, le ministre chargé des comptes de la France a justifié cette nette hausse par la baisse continue des recettes et par les dépenses du plan de relance.

"Le déficit dû aux frais de fonctionnement, c'est très mauvais. Le déficit dû à la relance, c'est différent", a-t-il répété.

Les dernières prévisions de Bercy étaient basées sur une prévision de croissance de -1,5%. Elle sera de -3%, selon les chiffres donnés vendredi par l'Insee. Dans une étude parue fin avril, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait prévu un dérapage à 6,7% du PIB en 2009 et à 8,3% en 2010.

L'ETAT COMPTE SUR LA CROISSANCE

L'Etat compte sur la croissance et donc l'augmentation des recettes pour redresser les comptes et revenir un jour dans les clous de l'objectif de 3% énoncé par le Traité de Maastricht.

"Durant l'année 2010 on retrouvera une croissance, peut-être de 0,5%, c'est ce que disent les économistes et on est tenté de les croire", a dit Eric Woerth.

"On voit bien aujourd'hui que la régression a probablement pris fin et qu'il y a une inflexion des choses.

"Les recettes fiscales seront un peu meilleures (...) Nous commencerons l'année prochaine à diminuer les dépenses qui ont concouru à la relance", a-t-il poursuivi.

Le trou grandissant de la Sécurité sociale compensera en 2010 la diminution du déficit selon Eric Woerth et fera que le déficit reste entre 7 et 7,5% du PIB.

"La Sécurité sociale verra probablement son déficit s'accroître" de 10 milliards d'euros pour être porté à 30 milliards d'euros, a-t-il annoncé.

"Les cotisations sociales ne rentrent pas. Puisque le chômage risque de continuer à augmenter, les recettes continueront à diminuer. Donc le déficit de la Sécurité sociale s'accroîtra et compensera en réalité le déficit de l'Etat.

"Nous infléchirons ces déficits à partir de 2011", a-t-il promis.

"ON PART TROP TÔT EN RETRAITE"

Selon le ministre du Budget, tous les efforts sont faits pour maîtriser les dépenses. "Les dépenses de l'Etat n'ont pas augmenté plus que l'inflation depuis trois ans", a-t-il assuré.

Le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne sera "pas suffisant pour résoudre les problèmes de déficit public" à lui seul mais Eric Woerth a dit ne pas envisager d'accélérer ce rythme.

Il s'est réjoui d'atteindre 30.000 suppressions de postes en 2009 et 34.000 suppressions de postes en 2010.

Les impôts ne seront pas non plus augmentés, a-t-il promis.

"Augmenter les impôts est la pire des solutions. On est au taquet", a considéré Eric Woerth en parlant du taux français.

Au contraire, l'Etat réformera bien la taxe professionnelle comme attendu. Cette réforme, dont Eric Woerth, n'a pas précisé les modalités, sera inscrite au budget 2010.

La perte pour l'Etat, estimée à huit milliards d'euros par Bercy et à 18 milliards d'euros par l'association des maires de France, devrait être en partie compensée par une taxe carbone, solution qui a la préférence du ministre.

"Les collectivités locales ne perdront pas de recettes", a assuré Eric Woerth, selon qui la "simplification" du fonctionnement des collectivités locales devrait permettre une réduction de leur coût de fonctionnement.

Eric Woerth a avancé l'hypothèse que les conseillers régionaux soient également conseillers généraux. Cette proposition a les faveurs de l'UMP.

Enfin, Eric Woerth s'est dit "personnellement favorable" à un report de l'âge du départ à la retraite.

"Les fonctionnaires partent en retraite à 58 ans. A 58 ans, on est en pleine forme", a-t-il ajouté. "Il faut que les gens restent au travail le plus longtemps possible et d'ailleurs ils le souhaitent.".


           

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