Irlande: les Européens tentent de rassurer face aux rumeurs de sauvetage


Samedi 13 Novembre 2010 - 12:12
AFP


Bruxelles - Les Européens se sont efforcés vendredi d'apaiser les craintes des investisseurs concernant l'Irlande, alors que des rumeurs de marchés faisaient état d'un appel à l'aide financière de la zone euro par Dublin pour résoudre ses difficultés budgétaires.


Jean-Claude Juncker
Jean-Claude Juncker
"La question n'a pas été posée" par l'Irlande, a assuré le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.

Le ministre irlandais des Finances, Brian Lenihan, a également réfuté catégoriquement les rumeurs qui ont circulé sur les marchés vendredi, selon lesquelles Dublin aurait demandé à bénéficier de l'aide du Fonds de sauvetage de la zone euro, mis en place au printemps.

"L'Etat est entièrement financé jusqu'en juin prochain et nous avons d'importantes réserves (...) donc ce pays n'est pas du tout dans une situation où il devrait faire appel à ce fonds", a-t-il déclaré.

Ces rumeurs interviennent alors que les investisseurs s'inquiètent de plus en plus de la capacité du gouvernement irlandais, confronté à un déficit astronomique (32% cette année), à redresser ses finances publiques.

Ces craintes ont fait grimper les taux d'intérêt des emprunts d'Etat irlandais à de nouveaux record cette semaine, proches de 9%.

Les taux se sont cependant détendus très nettement vendredi, après une déclaration des ministres des Finances des cinq principaux pays de l'UE (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Espagne), en marge du sommet du G20 à Séoul.

Dans cette déclaration commune pour tenter de rétablir la confiance, les ministres ne citent pas l'Irlande mais rappellent l'état des discussions entamées au niveau européen sur un futur Fonds de secours permanent pour la zone euro, en précisant qu'elles ne concernent en rien la situation actuelle de certains pays endettés.

"Tout nouveau mécanisme n'entrera en vigueur qu'après la mi-2013, sans aucun impact quel qu'il soit sur les dispositions actuelles", indique ce texte.

Les dirigeants de l'UE ont décidé fin octobre de mettre en place ce mécanisme permanent destiné, à partir de 2013, aux pays de la zone euro en difficulté. Il prendrait le relais du Fonds de secours provisoire créé au printemps pour trois ans à la suite de la crise grecque.

Le nouveau mécanisme doit encore faire l'objet de propositions détaillées de la Commission européenne en décembre.

Mais les pays de l'UE envisagent qu'à l'avenir les investisseurs privés supportent aussi, sous une forme ou une autre, une partie du coût d'éventuels sauvetages, éventuellement via une procédure de restructuration des dettes publiques.

Or cette option, soutenue par l'Allemagne et la France principalement, a suscité des craintes sur les marchés.

Elle a été critiquée aussi par le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, et par certains pays comme l'Espagne. Ils y voient le risque d'accroître la réticence des banques et investisseurs à prêter des fonds aux Etats de la zone euro les plus fragiles. Ce qui les conduirait à exiger des taux d'intérêt très élevés pour tenir compte du risque.

L'annonce de ce projet avait déjà entraîné une poussée des taux obligataires de l'Irlande, de la Grèce et du Portugal.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, s'est voulu lui aussi rassurant vendredi. "D'ici à 2013 il n'y aura aucune participation des investisseurs privés", a-t-il fait valoir.


           

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