Jazz in Marciac: musique pour tous les goûts à toute heure et en tout lieu


Mardi 9 Août 2011 - 12:23
AFP


Marciac - "Le public ici a un respect total de l'écoute, pour moi c'est top, on peut jouer ce que l'on veut, il y a une vraie ouverture", lance le clarinettiste Michel Portal, descendant de scène après son concert dédié à Brahms, en pleine Mecque du jazz, à Marciac (Gers).


Jazz in Marciac: musique pour tous les goûts à toute heure et en tout lieu
Pour la 34e fois, le bourg niché au creux des collines gersoises s'est transformé depuis dix jours en village enchanté par le jazz sous toutes ses formes, drainant un public bon enfant, profane ou pointu, de tous âges.
Organisé cette année sur le thème des "rencontres", le festival (29 juillet-15 août) offrait lundi jusque tard dans la nuit une illustration de cette alchimie réussie d'artistes et de styles différents, mais aussi de rencontre des générations.
C'était d'abord la journée des collégiens de Marciac dont les talents font la fierté du maire et directeur du festival Jean-Louis Guilhaumon. Ils ont joué en big band ou en formation plus réduite une bonne partie de la journée lors des concerts gratuits qui chaque jour animent la place centrale de Marciac, ombragée par les velums.
"Les jeunes collégiens, qui se forment dans des ateliers d'initiation à la musique de jazz, ont l'occasion ici de rencontrer un vrai public", souligne Guilhaumon.
Quant à Brahms, joué à l'Astrada, la nouvelle salle en dur qui a ouvert ses portes cette années non loin du chapiteau traditionnel, "c'est un clin d'oeil à notre volonté de programmation annuelle pluridisciplinaire", explique le directeur. La formation des jeunes et l'Astrada sont les deux piliers du "projet culturel de territoire" de Marciac au-delà du festival.
Michel Portal y a fait salle comble, jouant devant 500 personnes deux trios de Beethoven et Brahms pour piano clarinette et violoncelle, ainsi que quatre pièces d'Alban Berg.
"Cela ne peut gêner que ceux qui ont une vision très spécialisée de la musique. Je suis le contraire de ces gens-là. La musique, jazz ou classique, c'est important qu'elle vive et qu'elle soit jouée", lançait ce musicien protéiforme.
Parmi les spectateurs, d'abord amoureux de jazz, l'esprit de découverte rivalisait avec l'amour du musicien.
"Nous sommes venus pour Portal et pour découvrir la nouvelle salle", expliquaient Christian et Marlène Fourquet, retraités venus de la Vienne, festivaliers pour la 7e année.
Un quadra tourangeau technicien de presse, Jean-Marie Baloge, se réjouissait qu'on "donne la possibilité à différentes musiques de s'exprimer". "Un type comme Portal peut aussi apporter quelque chose de différent au classique, même en restant fidèle à la partition", assurait-il.
Pour une partie des 500 auditeurs, le moment était venu de rejoindre le grand chapiteau où près de 6.000 autres spectateurs communiaient avec le grand pianiste américain Ahmad Jamal.
Après une demi-heure de démonstration, et notamment un clin d'oeil vers Nougaro, le pianiste de 81 ans devait ensuite improviser magistralement jusqu'à plus d'1 heure du matin avec son partenaire d'un soir et aîné de 10 ans, le saxophoniste Yusef Lateef.
 Guilhaumon attend cette année encore 220.000 visiteurs, dont 60.000 entrées payantes. "Nous ne rêvons pas de gigantisme mais nous sommes fiers de montrer que cette musique n'est pas réservée à une élite, et les concerts gratuits de notre festival bis en sont partie intégrante", estime-t-il.
Durant le festival, un parfum de Fête de la musique permanente flotte sur Marciac, où l'on entend les cuivres ou les batteries s'entremêler dès la mi-journée alors que des passants applaudissent les performances a capella d'un trio de jeunes filles.


           

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