Journaliste français disparu : les autorités colombiennes lancent un appel aux Farc


Lundi 30 Avril 2012 - 11:30
AFP


Bogota - Le ministre colombien de la Défense a lancé dimanche un appel à la guérilla des Farc, exigeant qu'elle n'attente pas à la vie du journaliste français Roméo Langlois, "si elle le détient", après sa disparition la veille pendant un accrochage entre une patrouille militaire et des rebelles.


Roméo Langlois
Roméo Langlois
"Nous devons exiger de l'organisation terroriste des Farc, si elle le détient, de préserver sa vie et elle sera tenue pour responsable de tout ce qui arrivera (à Roméo Langlois), s'il est en son pouvoir", a déclaré Juan Carlos Pinzon à la presse.

Le ministre a ajouté que, d'après des témoignages de militaires, M. Langlois avait été blessé par balle au bras gauche au cours de l'accrochage. "Au milieu de toute cette tension, il a sûrement pris la décision de retirer son gilet, son casque, et de s'identifier comme civil", a raconté M. Pinzon.

"C'est toutes les informations que nous avons sur lui. Nous ne savons pas avec certitude, pour le moment, ce qui lui est arrivé", a-t-il ajouté.

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a affirmé en marge d'une réunion politique à Lyon (centre-est de la France) que M. Langlois, qui travaille pour la chaîne de télévision France 24, avait "été enlevé à l'occasion d'un affrontement entre les troupes colombiennes et les Farc" (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et "fait prisonnier".

"Le centre de crise (du ministère des Affaires étrangères, ndlr) est mobilisé, on est en liaison avec les autorités colombiennes", a ajouté M. Juppé, précisant qu'il ne disposait pas d'autres informations.

Quatre militaires ont été tués et huit blessés dans un accrochage avec les Farc survenu samedi dans le département de Caqueta (sud), selon l'armée.

Cinq soldats ainsi que le journaliste français qui les accompagnait ont également été portés disparus à la suite de l'accrochage. Les soldats ont finalement été retrouvés vivants.

Roméo Langlois, 35 ans, réalisait un reportage aux côtés d'une unité des forces aéronavales colombiennes dans le cadre d'une opération antidrogue.

Son collègue, le journaliste italien Simone Bruno, se trouvait avec lui pour réaliser ce reportage jusqu'à vendredi, la veille de sa disparition, a-t-il déclaré dimanche à l'AFP.
   
Les caméras et les effets personnels perdus par le journaliste français au milieu des combats ont été remis à ce collègue qui travaille aussi pour France 24.

"On a eu beaucoup de versions sur ce qui s'est passé, mais aussi très contradictoires", a-t-il dit.

Selon Simone Bruno, Roméo se proposait "de couvrir la lutte anti-drogue pour comprendre comment elle fonctionnait". "Le conflit colombien est très invisible, il n'apparaît jamais à la télévision", a-t-il dit.

Dans un communiqué diffusé dimanche à Paris la directrice des rédactions de l'Audiovisuel Extérieur de la France, Nahida Nakad a espéré "qu'il est sain et sauf." "Nous sommes en contact permanent avec sa famille. Toute la rédaction de France 24 se sent concernée et est de tout coeur avec elle", a-t-elle ajouté.

"Nous savons que c'est une région dangereuse. Nous sommes bien sûr inquiets, mais nous faisons confiance à Roméo qui connaît bien le terrain et qui a beaucoup d'expérience", dit Mme Nakad dans le communiqué.

Présent en Colombie depuis une dizaine d'années, Roméo Langlois "a réalisé de nombreux reportages d'investigation dans la région, et particulièrement sur la guérilla marxiste des Farc dont il est l'un des spécialistes", explique également le texte.

La patrouille avec laquelle il se trouvait a été attaquée dans une zone rurale appelée Union Peneya, dans la municipalité de Montañita, après que les militaires eurent détruit cinq laboratoires de production de cocaïne, a précisé le ministre de la Défense colombien.

M. Pinzon et des responsables militaires se sont rendus sur les lieux de l'accrochage.

Fondée en 1964, la guérilla des Farc, la principale de Colombie, compte encore 9.000 combattants, essentiellement repliés dans les régions de montagnes et de forêts.

Depuis le début de l'année, les Farc ont proposé d'ouvrir des négociations et libéré les derniers policiers et militaires qu'elles retenaient en otage depuis 12 ans pour certains, après avoir renoncé officiellement aux enlèvements contre rançon. Mais guérilla et gouvernement s'opposent régulièrement sur les modalités d'un dialogue.


           

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