L’Agence de développement agricole : maître d’œuvre du Plan Maroc vert


Samedi 28 Juillet 2012 - 13:02
Centre d’Etudes Internationales


Aucun pays n’a réussi à développer son secteur primaire sans la mise en place d’une politique volontariste destinée à créer les conditions propices à un environnement favorable au développement du secteur, notamment à travers son arrimage sur les standards internationaux. Conscient du rôle indubitable de l’agriculture dans le maintien des équilibres socioéconomiques et du développement global, les pouvoirs publics ont multiplié les actions pour faire dudit secteur un levier de croissance sûr et durable, à même de réduire le fossé social entre le monde rural et le milieu urbain.


L’Agence de développement agricole : maître d’œuvre du Plan Maroc vert
En effet, eu égard à ces enjeux de taille, le royaume s’est inscrit dans une action d’envergure pluridimensionnelle, visant le renforcement des compétences des acteurs du secteur. Laquelle action se décline en l’accomplissement de plusieurs chantiers structurants, à savoir, l’appui à la formation, l’élaboration d’outils statistiques permettant d’avoir une vision prospective du secteur, et la sécurisation du domaine foncier marqué, malencontreusement, par la présence d’un régime juridique désuet. Aussi le royaume saisit-il l’opportunité d’une compétitivité retrouvée de sa production en vue de conquérir les marchés internationaux. Il va sans dire que les besoins sont particulièrement importants, dans la mesure où les capacités, politique et institutionnelle, ont été mises à mal durant plusieurs décennies. Il fallait, pour ce faire, promouvoir de nouveaux modèles agricoles, plus productifs, plus respectueux de l’environnement, voire plus économes, contribuant au renforcement d’une dynamique rurale et, par ricochet, urbaine à même de réduire le taux de chômage.

Imprégné d’une dynamique réformiste amorcée depuis plus d’une décennie, un programme de remise à niveau du secteur agricole dénommé « Plan Maroc vert » a vu le jour, en avril 2008. Financé par le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, ledit plan tend à redorer le blason de l’agriculture marocaine en l’érigeant en un véritable moteur de croissance de l’économie nationale dans les quinze prochaines années. Afin de piloter ce projet d’envergure, une agence a été créée, en 2009, en vue d’orienter les actions du Ministère de tutelle, qui est celui de l’Agriculture et de la Pêche maritime, et de là, définir la stratégie globale du Plan Maroc vert. Baptisée, Agence de développement agricole, la nouvelle structure vise à identifier les périmètres d’extension des cultures, à promouvoir les investissements et les partenariats, et à développer des projets répondant aux attentes de l’agriculteur marocain, spécialement les petits agriculteurs. Ce qui signifie qu’il est fallacieux d’arguer d’un quelconque monopole en la matière. Par ailleurs, il  convient de rappeler la lourde responsabilité qui incombe au secteur primaire quant à la préservation de la sécurité alimentaire de plus de 30 millions de Marocains. En effet, avec la flambée des prix des denrées alimentaires, la sécurité  alimentaire devient une nécessité impérieuse. Par ailleurs, les petits agriculteurs qui constituent la majorité des exploitations agricoles au Maroc ont des faibles capacités techniques et managériales et ne possèdent pas les moyens financiers pour moderniser leur système de production. L’un des objectifs du nouveau plan agricole est justement de remédier à cette situation.

Pour ce faire, l’Agence de développement agricole, vise à mettre en œuvre une stratégie développée au niveau national en la déclinant en seize plans agricoles régionaux. Lesquels plans auront deux axes majeurs, à savoir la mobilisation de l’investissement et l’organisation des producteurs, l’objectif étant de contribuer à drainer des investissements importants dans les filières agricoles et agroalimentaires. Ainsi, l’agence serait un trait d’union entre les opérateurs et les partenaires, publics et privés, pouvant intervenir dans lesdits plans agricoles afin de sonder les opportunités d’investissement envisageables. Aussi, près de 1 400 000 agriculteurs bénéficieront de 1500 projets initiés par ladite agence. Marquée par une approche participative, la conceptualisation des projets se fera à travers, notamment, la mise en place de structures de concertation, de dialogue et de partenariat avec les opérateurs et les institutions représentatives des agriculteurs, en tenant compte de la diversité de leur trajectoire. L’agence s’attèle, par ailleurs, au montage  financier, organisationnel et technique et à l’évaluation des projets. En outre, l’entité se charge de développer un système d’agrégation tendant à garantir de meilleurs revenus aux agriculteurs et la quasi-disparition des intermédiaires. Ce qui permettra à terme de réduire les dépenses des ménages marocains. Ainsi, l’entité créée se positionne en tant qu’arbitre dans le contrat signé entre les agrégés et les agrégateurs.

Compte tenu des enjeux et des risques latents afférents à l’agriculture et en vue de faciliter la prise de décision au niveau de l’entité, tous les acteurs, qu’ils soient privés ou publics, sont sollicités en vue de façonner, de définir et d’assurer le suivi et l’évaluation des interventions. Il s’agit d’assurer une valorisation optimale de toute la production agricole en vue de faire du secteur le maillon fort de l’économie nationale.


           

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