L'Europe s'attend à un assouplissement rapide du blocus de Gaza


Lundi 14 Juin 2010 - 15:46
AFP


Luxembourg - Les pays européens ont indiqué lundi avoir reçu des indications sur un assouplissement rapide du blocus "inacceptable" de Gaza par Israël et se sont dits prêts à aider à un nouveau mécanisme de contrôle des marchandises en transit vers ce territoire palestinien.


Catherine Ashton
Catherine Ashton
Réunis lundi à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont adopté un texte qui prône l'ouverture des points de passage vers Gaza pour acheminer tous les biens dont manquent ses habitants. Il faut permettre aux gens de Gaza "d'obtenir ce dont ils ont besoin", a dit la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton.

L'UE est disposée à jouer un rôle dans le contrôle des marchandises en transit vers Gaza par mer et terre, selon des modalités redéfinies.

L'envoyé spécial du Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Russie, ONU), Tony Blair, qui participait à cette réunion, a émis l'espoir qu'Israël assouplisse le blocus de Gaza "dans les prochains jours".

M. Blair a rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à trois reprises au cours des dix derniers jours. Il a ajouté avoir obtenu "un accord de principe" des autorités israéliennes pour un assouplissement du blocus.

Les Israéliens "maintiendront le blocus en ce qui concerne les armes et le matériel de combat mais ils sont prêts à laisser passer les marchandises qui sont nécessaires pour la vie de tous les jours", a-t-il dit.

Le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle a abondé dans ce sens. "Nous avons de premiers signes d'Israël (montrant) que cela avance dans une meilleure direction, que les livraisons d'aide vont être à nouveau autorisées", a-t-il dit.

Les Européens souhaitent aussi que les autorités israéliennes publient une liste des produits dont le transit vers Gaza serait interdit, comme les armes ou explosifs. De facto, tous les produits qui ne seraient pas sur cette liste seraient autorisés.

Selon un rapport publié par l'organisation israélienne des droits de l'homme Gisha, Israël laisse actuellement entrer 97 produits seulement dans la bande de Gaza, contre plus de 4.000 avant le renforcement du blocus en 2007, et quatre fois moins de chargements de camions de marchandises.

La pression sur Israël n'a cessé de croître depuis l'arraisonnement musclé, le 31 mai, d'un bateau affrété par des organisations pro-palestiniennes et chargé d'aide humanitaire. Neuf personnes ont perdu la vie au cours de cet accrochage dans les eaux internationales, qui a suscité une réprobation générale.

Dans son texte, l'UE a d'ailleurs réitéré sa condamnation. Les Européens ont de nouveau souhaité une enquête "impartiale" pour faire la lumière sur cet incident. Cette enquête devrait inclure une "participation internationale crédible", a affirmé l'UE.

Le gouvernement israélien semble avoir fait un pas dans cette direction en approuvant lundi la création d'une "commission publique indépendante", avec la participation de deux observateurs étrangers, pour enquêter sur le raid.

Parallèlement à sa demande d'assouplir le blocus, l'UE a également insisté sur la nécéssité d'assurer la sécurité d'Israël. Les Européens ont notamment "déploré" les tirs de roquettes depuis le territoire contrôlé par le Hamas. Ils ont appelé à la libération, "immédiate et sans condition" du soldat franco-israélien Gilad Shalit, détenu par le Hamas depuis juin 2006.

Le Hamas a pour sa part réclamé une levée totale du blocus, et pas seulement un allègement, et accusé lundi Israël de tenter "d'échapper aux pressions internationales".


           

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