L'euro tombe à 1,3112 dollar, un nouveau plus bas depuis un an


Mardi 4 Mai 2010 - 15:38
AFP


Londres - L'euro est tombé mardi à 1,3112 dollar pour un euro, un nouveau plus bas depuis un an, les inquiétudes sur l'avenir de la monnaie unique restant très fortes malgré les prêts accordés ce week-end à la Grèce.


L'euro tombe à 1,3112 dollar, un nouveau plus bas depuis un an
Vers 11H00 GMT (13H00 à Paris), l'euro s'échangeait à 1,3131 dollar, contre 1,3187 dollar lundi vers 21H00 GMT. Vers 10H55 GMT, la monnaie unique a plongé jusqu'à 1,3112 dollar, son niveau le plus faible depuis fin avril 2009.

Bien que la Grèce ait obtenu ce week-end de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI) des prêts de 110 milliards d'euros sur trois ans, l'euro a continué à s'enfoncer.

La monnaie unique reste durement pénalisée par crainte que la Grèce ne parvienne pas à redresser ses finances publiques et que la crise ne s'étende à d'autres membres de la zone euro, ce qui pourrait compromettre sa survie même.

Le plan de sauvetage de l'Union européenne et du Fonds monétaire international "ne résout pas les problèmes budgétaires de la Grèce et il ne fait certainement rien pour réduire les problèmes du Portugal ou de l'Espagne", commentait ainsi Jane Foley, économiste chez Forex.com.

"Avec un taux d'intérêt fixe, une économie en récession, et d'importants mouvements de protestation, rien ne garantit que le gouvernement grec puisse réussir à faire les baisses de dépenses publiques nécessaires, qui sont une condition des prêts" offerts par la zone euro et le FMI, détaille-t-elle.

"L'euro est à la croisée des chemins. Sa survie dépend de l'union politique", estiment pour leur part les économistes de Standard Chartered. Selon eux, la crise grecque met en lumière le fait qu'un "seul taux d'intérêt ne convient pas à tous", et que l'union monétaire aurait besoin "d'un ministère des Finances unique" .


           


1.Posté par Belkine le 07/05/2010 16:46
La très grande majorité des commentateurs européens considère comme un début de catastrophe le fait que l’euro se soit déprécié par rapport au dollar. Regardons-y de plus près.


L’euro qui valait 1$45 en début d’année ne vaut plus que 1$28 aujourd’hui. Un américain pourra avec 1$28 aujourd’hui acheter une marchandise européenne valant un euro, il ne le pouvait pas en début d’année. Un Européen ne pourra plus acheter comme il le faisait en début d’année une marchandise américaine valant 1$45. Le commerce extérieur de l’Europe ne peut que s’en trouver raffermit et, de ce point de vue, la perte de valeur de l’euro par rapport au dollar est tout à fait bénéfique.
Certaines considérations peuvent toutefois tempérer ce premier constat, par exemple la considération que les entreprises européennes sont plus faciles à acheter pour les fonds de pension américain. Cette considération ne paraît toutefois pas de nature à emporter la conviction tant il apparaît que l’euro est depuis longtemps surévaluer par rapport au dollar.

Les inquiétudes quant à la baisse de l’euro peuvent s’expliquer de trois façons :

-Une ignorance du mécanisme fondamental des échanges internationaux
-Voir la spéculation internationale attaquer l’euro, monnaie extrêmement forte, non pas seulement des pays comme l’Allemagne qui pour des raisons historiques ont une tradition socio-économique de monnaie forte. Mais aussi monnaie de pays qui comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne, voir la France sont des pays de monnaies faciles ou la chute du cours de la monnaie était souvent la solution donnée à des contradictions internes, sociales ou économiques. La chute de la monnaie n’étant plus possible quand leur monnaie est devenue l’euro, les contradictions doivent trouver les solutions ailleurs et par exemple, dans le cas de la Grèce, dans un déficit des finances publiques incontrôlé. La crainte est alors que la spéculation n’attaque une construction monétaire plaquée sur des types de fonctionnement sociaux et économiques extrêmement différents.
-Qu’une pratique continue de monnaie fondante et facile n’entraîne une dissolution des liens sociaux comme dans l’Allemagne de l’après 1ere guerre mondiale ou certains observateurs voient dans l’hyper-inflation un des éléments qui ont permis l’avènement du nazisme.

La réflexion sur l’euro doit prendre en considération ces éléments sous peine de voir se creuser le fossé entre une construction monétaire rigide et sans articulations et la réalité économique très contrastée des pays qui composent l’Europe monétaire d’aujourd’hui.
Plus précisément l’affaiblissement de la valeur de l’euro dans une situation de crise est de risque de spéculation, est un facteur qui permet de mieux résister à cette spéculation et à cette crise.

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