La Turquie met vivement en garde la France à propos de la Syrie


Vendredi 30 Mars 2018 - 14:49
Reuters


Istanbul - Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est dit attristé vendredi par l’appui apporté par la France aux miliciens kurdes opérant en Syrie, y voyant une approche “complètement erronée”.


Il a dit en outre espérer que la France ne sollicite pas l’aide de la Turquie le jour où des “terroristes” se répandront dans le pays en réaction à la politique de la France.

Le président Emmanuel Macron a assuré jeudi les forces démocratiques syriennes (FDS) du soutien de la France dans le nord-est de la Syrie, un appui qui pourrait se traduire par l’envoi de troupes françaises dans la région, selon le représentant des kurdes syriens en France.

A l’Elysée, on souligne toutefois vendredi que la France ne prévoit pas de nouvelle opération militaire dans le nord de la Syrie en dehors de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI).

Ankara considère les milices kurdes YPG (Unités de protection du peuple), la plus forte composante des FDS, comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le PKK est considéré par la Turquie, les Etats-Unis et l’Union européenne comme une organisation terroriste.

Avant les propos tenus par le président Erdogan, son vice-Premier ministre, Bekir Bozdag, avait vivement critiqué la France.

“Ceux qui s’engagent dans la coopération et la solidarité avec les groupes terroristes contre la Turquie (...) deviendront, comme les terroristes, une cible de la Turquie”, écrit-il sur Twitter. “Nous espérons que la France ne prendra pas une telle mesure irrationnelle”, ajoute-t-il.

La Turquie attend de ses alliés qu’ils adoptent une position claire contre le terrorisme au lieu de prendre des mesures qui légitimeraient des “structures terroristes”, a déclaré pour sa part le porte-parole du président Erdogan.

“Nous (...) rejetons les approches qui sont loin d’être sérieuses comme ‘le dialogue, les contacts, la médiation’ avec de telles structures terroristes”, écrit Ibrahim Kalin sur Twitter, sans nommer de pays, à la différence de Bekir Bozdag.

Les SDF ont été à l’avant-garde de la stratégie de la coalition militaire menée par les Etats-Unis pour vaincre les djihadistes de Daech.

La Turquie a occupé au début du mois la ville d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, après une offensive longue de deux mois visant à chasser les YPG hors de la région.

Dans son intervention, le président Erdogan a dit que les forces turques avaient entamé la préparation d’opérations dans le nord de la Syrie, dans les régions d’Aïn al Arab, de Ras al Aïn et Tel Abyad, et pourraient aller jusqu’en Irak.

La Turquie, a-t-il souligné, n’a aucunement l’intention de nuire aux soldats des pays alliés déployés dans la région, mais elle ne peut permettre aux “militants” de se déplacer librement.


           

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