La zone euro confiante d'avancer sur le plan d'aide à la Grèce


Lundi 20 Février 2017 - 16:48
AFP


Grèce Les ministres des Finances de la zone euro, réunis lundi à Bruxelles, se sont montrés confiants de pouvoir sortir de l'impasse sur le plan d'aide à la Grèce avant une série d'importantes élections en Europe.


Le ministre des finances allemand Wolfgang Schauble
Le ministre des finances allemand Wolfgang Schauble
A son arrivée, l'Allemand Wolfgang Schäuble, a déclaré "partir du principe" que les créanciers de la Grèce ont "maintenant une position commune".

M. Schäuble escompte suffisamment de progrès ce lundi "pour que la mission technique puisse retourner à Athènes afin d'arriver à un résultat" définitif.

"Les paramètres sont sur la table pour permettre aux institutions de retourner à Athènes (...) Nous voulons montrer qu'il y a une lumière au bout du tunnel de l'austérité", a plaidé de son côté le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

"C'est mon objectif de voir repartir les chefs de mission à Athènes, afin de se pencher sur les points délicats qu'il faut encore résoudre", a par ailleurs insisté le président de l'eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

- Retour à Athènes -

A Athènes, les chefs de mission --représentant les créanciers de la Grèce, la zone euro et le FMI-- auront pour tâche de finaliser un accord complet et définitif permettant le déboursement d'une nouvelle tranche du prêt de 86 milliards d'euros, consenti à l'été 2015, dans le cadre du troisième plan d'aide.

Depuis des mois, les négociations entre la Grèce et ses bailleurs de fonds --zone euro et FMI-- piétinent, suscitant l'inquiétude croissante des marchés financiers et alors que la tenue d'élections, en mars aux Pays-Bas puis d'avril à juin en France et enfin en septembre en Allemagne, risque de freiner toute prise de décision.

Théoriquement, la Grèce a de la marge jusqu'à juillet, mais pas au-delà car elle doit alors honorer des créances de plus de sept milliards d'euros.

Les négociations entre Athènes et ses créanciers butent depuis des mois sur les différences d'évaluation de la situation économique de la Grèce dans les prochaines années et les remèdes à lui proposer.

Non convaincu par les arguments des Européens, le FMI, qui a joué un rôle central lors des deux premiers plans de sauvetage de la Grèce, en 2010 et 2012, est pour l'instant un simple conseiller technique dans le troisième plan et refuse de s'engager financièrement.

- Semaine cruciale -

Le FMI estime tout d'abord que les objectifs budgétaires fixés à Athènes par les Européens sont trop ambitieux: il table sur un excédent budgétaire primaire grec (sans paiement des intérêts de la dette) de 1,5% du Produit intérieur Brut (PIB) en 2018. La zone euro mise elle sur 3,5%.

Pour que l'objectif des 3,5% du PIB soit atteint en 2018 et au-delà --comme l'attendent les Européens--, le FMI demande au gouvernement grec de pré-légiférer dès maintenant sur des mesures permettant de dégager les 2% du PIB manquants.

Il s'agirait d'une réforme des retraites (permettant de réduire les dépenses) et des mesures fiscales (pour augmenter les recettes). Une demande pour l'instant rejetée par le gouvernement de gauche du Premier ministre Alexis Tsipras.

Deuxième point d'achoppement: le nombre d'années pendant lesquelles la Grèce doit dégager un excédent budgétaire primaire de 3,5% du PIB après 2018.

L'accord sur le plan d'aide scellé à la mi-2015 évoquait laconiquement "le moyen terme".

Pour la Commission européenne, le "moyen terme" serait de trois ans mais pour les Allemands il serait de dix ans (ce qui maintiendrait plus longtemps la pression sur les Grecs).

Enfin, troisième pomme de discorde: la dette grecque, qui s'élevait à près de 180% du PIB en 2016.

Le FMI la juge "explosive" et souhaiterait des allègements significatifs ce que l'Allemagne, premier créancier d'Athènes, refuse.

La réunion de lundi sera suivie par une rencontre mercredi à Berlin qui pourrait s'avérer cruciale entre la chancelière Angela Merkel et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde. La dirigeante allemande doit ensuite dîner avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.


           

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