Le patron de Facebook fait carillonner une entrée en Bourse record


Vendredi 18 Mai 2012 - 15:55
AFP


New York - Le réseau social sur internet Facebook va faire ses débuts très attendus vendredi sur la plateforme boursière électronique Nasdaq, au prix de 38 dollars pièce, ce qui lui donne une valorisation maximale de 104 milliards de dollars.


Le patron de Facebook fait carillonner une entrée en Bourse record
Le jeune patron fondateur de Facebook Mark Zuckerberg fait sonner vendredi matin la cloche de la plateforme boursière électronique Nasdaq, en l'honneur de la première cotation de son réseau social aux 900 millions d'utilisateurs, une opération record. Lire le dossier

M. Zuckerberg, 28 ans, marque la fin d'une nuit de "hackathon" (marathon de codage informatique) au siège du groupe à Menlo Park, en Californie, en sonnant à distance la cloche de la plateforme basée à New York. Il est 9H30 (13H30 GMT) à New York, mais seulement 6H30 dans la Silicon Valley.

C'est de très loin la plus grosse entrée en Bourse de tous les temps pour une valeur internet. Facebook, qui a vendu ses actions à 38 dollars pièces, a obtenu une valorisation de 104 milliards de dollars, toutes stock options comprises, très au-delà des 23 milliards de dollars que pesait son aîné Google lorsqu'il a fait ses premiers pas d'entreprise cotée en 2004... l'année même du lancement de Facebook dans une chambre d'étudiant à Harvard.

Analystes et financiers attendaient vendredi de voir jusqu'où allait monter le titre au cours des premiers échanges publics, certains paris étant ouverts par exemple parmi les utilisateurs du site de microblogs Twitter.

"Je pense encore que cela va s'échanger en hausse, mon pari serait que cela monte très haut, et que ça se stabilise autour de 45 dollars" en fin de journée, a déclaré à l'AFP l'analyste Michael Pachter. Cela représenterait une progression d'environ 18% en une seule journée.

L'entreprise récolte 6,84 milliards de dollars pour son propre compte sur une opération totale de quelque 16,02 milliards de dollars, le solde revenant à des actionnaires initiaux. M. Zuckerberg ne vend que les actions qui lui permettront de solder sa facture fiscale, soit pour 1,15 milliard de dollars de titres, tout en conservant le reste de sa participation de 18,4%, et 55,8% des droits de vote.

C'est la deuxième plus grosse introduction en Bourse pour une valeur américaine (hors titres préférentiels). En 2008, Visa avait levé 17,9 milliards lors de son entrée sur le marché.

En cas de fort intérêt des investisseurs, jusqu'à 63,18 millions de titres supplémentaires pourraient être mis en vente.

De nombreux analystes ont mis en garde contre tout emballement pour le titre "FB". Même des analystes convaincus des promesses de "l'internet social" estiment qu'à l'horizon d'un an, il pourrait progresser de 5% à 10%. Ce serait beaucoup mieux que le site de bonnes affaires Groupon --qui a perdu 38% depuis sa première cotation en novembre-- mais moins exceptionnel que le réseau professionnel LinkedIn, qui en un an a pris 133%.

Le chiffre d'affaires de Facebook est en décélération alors que l'entreprise fait monter en puissance ses investissements et peine à générer des revenus depuis les appareils portables, de plus en plus utilisés pour consulter le site à la place d'ordinateurs classiques.

L'opération a de quoi donner le tournis: la valorisation de Facebook dépasse aisément celle du groupe de médias Disney (80 milliards de dollars) presque centenaire, même s'il reste en retrait derrière l'autre géant de l'internet, Google.

Et tout cela pour un chiffre d'affaires de "seulement" 3,7 milliards de dollars réalisé en 2011, et un bénéfice net de 668 millions de dollars.

Dans l'opération, outre M. Zuckerberg, nombre des premiers "amis" de Facebook, qui ont parié sur la société à ses débuts ou ont accepté des actions plutôt que des salaires importants en début de carrière, ont perçu quelques millions de dollars.

Même des adversaires de M. Zuckerberg, comme les jumeaux Tyler et Cameron Winklevoss et leur camarade Divya Narendra, qui l'accusaient d'avoir volé leur idée, sont aujourd'hui millionnaires grâce à des accords passés pour solder des poursuites.


           

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