Le plan solaire marocain : une nouvelle dynamique en matière énergétique


Samedi 21 Juillet 2012 - 10:16
Centre d’Etudes Internationales


Conscient des risques liés à l’épuisement des sources d’énergies fossiles dans un futur proche dû, en grande partie, à une consommation mondiale effrénée, le royaume chérifien s’est orienté, depuis plus d’une décennie, vers le développement des énergies renouvelables. Un choix stratégique pour un pays qui importe plus de 90% de son énergie, et ce, malgré le fait qu’il dispose d’un potentiel important en terme d’énergies renouvelables. En effet, les énergies, éolienne, hydroélectrique et solaire, notamment, constituent des richesses naturelles que le Maroc entend employer en vue de réduire, autant que faire se peut, sa dépendance dans le domaine énergétique, laquelle pèse lourd sur la balance des paiements. Par ailleurs, d’un point de vue socio-économique, il est question de mettre en place les installations adéquates pour la réalisation des différents projets afférents au secteur des énergies renouvelables. D’autant plus que ceci ouvrira de nouveaux marchés aux investisseurs nationaux et étrangers, assurant, ainsi, la création de milliers d’emplois, à même de participer considérablement à la résorption du chômage.


Le plan solaire marocain : une nouvelle dynamique en matière énergétique
Participant au progrès économique, cette politique de promotion des énergies renouvelables s’inscrit elle-même au cœur de la politique de développement durable, défi majeur consistant à garantir à l’ensemble de la population, en l’occurrence, marocaine, une meilleure qualité de vie en répondant à ses besoins et en la plaçant au centre des préoccupations de tout projet de développement. Par ailleurs, il convient de souligner que cette politique participe d’une perspective globale de réforme, dont la dynamique à été impulsée par le roi Mohammed VI depuis son intronisation.

Cela dit, le Maroc a développé un ambitieux programme visant à réduire sa facture énergétique et chemin faisant, développer un savoir-faire marocain en la matière. Outre l’énergie éolienne, l’énergie solaire se positionne comme une alternative sûre aux autres énergies non pérennes, permettant de gagner du terrain par rapport aux énergies fossiles. A cette aune, le Plan solaire marocain, lancé en 2009, est la preuve tangible de cette volonté de révolutionner le secteur de l’énergie. Ce dernier vise à produire 2000 mégawatts de puissance à l’horizon 2020 et à satisfaire, en particulier, les besoins locaux. Afin d’aboutir aux résultats escomptés, l’Agence marocaine de l’énergie solaire a été créée en 2010. Cette Agence a pour mission de superviser la conduite du Plan solaire et d’entreprendre des études, techniques, économiques et financières, nécessaires à sa concrétisation.

Pour le lancement de ce projet d’envergure internationale, cinq sites ont été identifiés en vue de construire des « centrales solaires intégrées », à savoir, Ouarzazate, Ain Bni Mathar, Foum Al Oued, Boujdour et Sebkhat Tah. La première centrale, prévue par ledit  projet, sera mise en service à partir de 2015 alors que l’achèvement de l’ensemble du programme est fixé pour 2019. Aussi la réalisation du Plan solaire marocain, dont le coût de réalisation a été estimé à 7 milliards d’euros, aura-t-elle des conséquences significatives dans la lutte contre les changements climatiques ainsi que sur la réduction de la dépendance énergétique et sur la préservation de l’environnement, grâce notamment, à la limitation des gaz à effet de serre. En ce sens que ce choix permettra de minimiser la dépendance du royaume vis-à-vis d’un marché des matières premières évoluant en dents de scie. Ce Plan permettra, à terme, de réaliser 15% d’économies d’énergie.

Cela étant, le Plan solaire marocain converge avec le Plan solaire pour la Méditerranée (PSM), l’un des grands projets initiés par l’Union Pour la Méditerranée (UPM), qui vise à renforcer la production énergétique solaire du pourtour méditerranéen. A ce titre, dans le cadre de sa visite officielle au Maroc, en octobre 2011, le ministre français de l’Industrie, Eric Besson, a estimé que le Plan solaire marocain demeure un projet phare pour la région et représente la clé de voûte du Plan solaire méditerranéen. Il conviendrait, en outre, de souligner que sur les 130 projets solaires prévus par le PSM, le Maroc devrait en accueillir une vingtaine, et devenir de la sorte, un exportateur d’énergie.

En somme, une action en faveur de la multiplication des moyens de production des énergies renouvelables renvoie essentiellement, comme il a été dit précédemment, à un souci d’autonomie énergétique.

S’il peut être craint d’un point de vue strictement social, que le processus de transition d’une situation de dépendance à une situation d’autosuffisance, toujours en termes de production d’énergies, puisse s’avérer coûteux, les retombées positives, sociales comme stratégiques des énergies renouvelables sont dans cette perspective amplement et injustement sous-estimées, notamment dans le domaine de l’énergie solaire. De plus, l’inscription du Plan solaire marocain dans une stratégie globale, couvrant aussi bien les domaines, économique, financier et social est un véritable gage du bien-fondé conjoncturel du projet ainsi que de son intégration dans une vision d’ensemble. Le Maroc, en choisissant clairement d’emprunter la voie des énergies renouvelables, adhère à l’idée que celles-ci constituent bien une solution crédible au problème énergétique, véritable préoccupation mondiale, et ce, tout en respectant l’environnement, autre enjeu majeur pour la planète.


           

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