Législatives en Iran: victoire des alliés du président Rohani


Samedi 30 Avril 2016 - 09:55
AFP


Les candidats réformateurs et modérés ont remporté le second tour des élections législatives de vendredi en Iran face aux conservateurs, selon des résultats partiels publiés samedi, et devraient disposer d'un groupe parlementaire conséquent pour soutenir la politique d'ouverture du président Hassan Rohani.


Selon des résultats partiels non encore officiels publiés par les médias à Téhéran, y compris les médias conservateurs, la liste "Espoir" des réformateurs et modérés a gagné au moins une trentaine des 68 sièges qui étaient en jeu sur les 290 que compte le Parlement. Les résultats officiels doivent être publiés samedi dans la journée.

C'est la première fois depuis 2004 que l'assemblée ne sera plus dominée par les conservateurs et que les deux grandes tendances politiques iraniennes seront représentées de manière à peu près égale.

A un an de l'élection présidentielle à laquelle Hassan Rohani devrait se représenter pour un second et dernier mandat de quatre ans, ces résultats représentent une victoire personnelle pour le président, depuis 2013, a mené une politique de rapprochement avec l'étranger. Elle a culminé lors de la conclusion, en juillet 2015, d'un accord historique sur le programme nucléaire iranien avec les grandes puissances.

Selon l'agence Fars, proche des conservateurs, les réformateurs et modérés ont obtenu au moins 33 sièges contre 21 pour les conservateurs. Le site d'information Tasnim, également proche des conservateurs, accorde à la coalition des réformateurs et modérés 35 sièges.

Il faudra attendre les résultats officiels et définitifs, ainsi que la position des députés indépendants - une trentaine au total élus au second et au premier tour du 26 février - pour savoir si les alliés du président Rohani obtiendront la majorité de 146 sièges au Parlement.

Mais même s'ils ne l'obtiennent pas, les réformateurs et modérés pro-Rohani pourront compter sur des conservateurs pragmatiques plus conciliants, les plus radicaux d'entre eux, opposés à la politique d'ouverture du président, ayant été éliminés dès le premier tour.

Au premier tour du 26 février, 221 députés avaient été élus, dont 103 conservateurs et 95 réformateurs/modérés ainsi que 14 indépendants dont la tendance politique n'est pas clairement définie.

Parmi les élus du premier tour figuraient également quatre conservateurs modérés soutenus par les réformateurs, ainsi que cinq représentants des minorités religieuses (juifs, arméniens, assyriens et zoroastriens).

L'élection d'une députée réformatrice a été invalidée à Ispahan (centre) et il y aura une partielle à une date non précisée.

- Victoire pour les femmes -

Au moins trois femmes ont été élues à ce second tour, s'ajoutant au 13 l'ayant emporté le 26 février. La nouvelle assemblée comprendra donc au moins 16 femmes, dont quinze réformatrices, contre neuf conservatrices dans la précédente, qui était largement dominée par les conservateurs avec plus de 200 élus.

C'est la première fois depuis la révolution islamique de 1979 que le Parlement comptera autant d'élues.

La nouvelle assemblée se réunira fin mai pour élire son chef. Le président sortant, Ali Larijani, un conservateur modéré, et le chef de file des réformateurs et modérés, Mohammad Reza Aref, devraient être en lice.

Contrairement aux plus radicaux de son camp, Ali Larijani a défendu l'accord historique du 14 juillet 2015 sur le nucléaire conclu entre Téhéran et les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne).

Le second tour des législatives est intervenu un peu plus de trois mois après l'entrée en vigueur de cet accord et la levée d'une grande partie des sanctions internationales contre Téhéran.

Mais, en l'absence de retombées économiques concrètes suivant la fin des sanctions, l'exaspération commence à se faire sentir en Iran.

Or, le président Rohani mise justement sur les retombées de cet accord pour faire baisser le chômage qui touche 11% de la population active, près de 25% de jeunes.

L'ayatollah Ali Khamenei, l'homme fort du pays qui a la main sur les grands dossiers nationaux et internationaux, a récemment souligné que l'Iran avait maintenant besoin de résultats "tangibles".

Il a accusé "l'ennemi" historique, les Etats-Unis, de faire pression sur les pays européens afin d'empêcher l'Iran de bénéficier concrètement de l'accord, incitant ses compatriotes à privilégier "l'économie de résistance", axée sur la production nationale.


           

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