Les inquiétudes sur la croissance mondiale plombent de nouveau les Bourses


Mardi 9 Février 2016 - 09:36
AFP


Les Bourses ont été emportées une nouvelle fois en ce début de semaine par les incertitudes autour de la croissance mondiale, Tokyo chutant mardi de plus de 5%, alors que les investisseurs fuyaient vers les placements sûrs, tels que le yen et les obligations d'Etat.


A Tokyo, l'indice Nikkei a chuté de 5,40% à la clôture sur fond de nette remontée de la devise nippone, valeur refuge prisée en cette période tourmentée. Le dollar a même glissé sous la barre des 115 yens pour la première fois depuis novembre 2014.

Parallèlement, le taux des nouvelles obligations de l'Etat japonais à échéance dix ans est tombé au-dessous de zéro. Du jamais vu dans une économie du G7, selon l'agence Bloomberg.

Dans cette même quête de sécurité, l'or s'est apprécié de 1,3%.

Sur la place de Tokyo, les groupes exportateurs ont accusé le coup, du géant automobile Toyota (-6,11%) à la firme d'électronique Panasonic (-8,75%). Idem pour les valeurs financières: les trois mégabanques ont plongé (Mitsubishi UFJ Financial Group -8,73%, Mizuho Financial Group -6,22% et Sumitomo Mitsui Financial Group -8,96%) et la maison de courtage Nomura a plongé de plus de 9%.

Ailleurs, la Bourse de Sydney a perdu 2,7%, tandis que la plupart des marchés en Asie (Shanghai, Hong Kong, Séoul,Singapour...) étaient fermés pour les congés du Nouvel an lunaire.

"Il n'y avait rien de positif aujourd'hui", a réagi Makoto Sengoku, analyste chez Tokai Tokyo Securities, contacté par l'AFP. "Et les turbulences ne sont pas finies".

- Début d'année calamiteux -

La débâcle avait débuté lundi en Europe, d'Oslo à Madrid en passant par Athènes. Paris a cédé 3,20%, Francfort 3,30%, Londres 2,71% et Milan 4,69%.

Aux Etats-Unis, le Dow Jones a clôturé sur un recul de 1,10% et le Nasdaq de 1,82%.

Les places mondiales ont connu un début d'année calamiteux, résultat d'un cocktail d'inquiétudes autour de la santé de l'économie mondiale, ainsi que de l'érosion des cours de l'or noir. "Le pire début d'année jamais enregistré sur les marchés", commentait fin janvier à Davos le directeur général de Credit Suisse, Tidjane Thiam.

Désormais, les investisseurs gardent les yeux rivés sur l'action des banques centrales, en particulier la Réserve Fédérale américaine (Fed).

"Les chiffres de l'emploi américain, publiés vendredi, entretiennent la confusion sur la poursuite de la remontée des taux aux États-Unis", soulignent les gérants de Barclays Bourse.

Les créations d'emplois ont été décevantes, mais assorties d'un taux de chômage en baisse et surtout d'une progression du salaire horaire. Selon plusieurs analystes, ces chiffres pourraient ne pas dissuader la Fed de relever les taux d'intérêt en mars, ce que beaucoup estiment très risqué alors que la croissance marque déjà le pas.

Le marché va par conséquent être particulièrement attentif aux propos que tiendra devant le Congrès américain mercredi et jeudi la présidente de la banque centrale, Janet Yellen.

- Des banques centrales impuissantes ? -

La Chine restait également une préoccupation. Ses réserves de devises ont fondu à des niveaux inédits depuis près de quatre ans, Pékin vendant des dollars pour soutenir le yuan.

Dans ce contexte relativement anxiogène, le secteur bancaire, mal orienté, était un élément perturbateur de plus, en période de publication des résultats annuels d'entreprises.

"Les banques ont baissé pour les mêmes raisons qu'aux Etats-Unis: les risques sur le secteur pétrolier ou sur les dettes émergentes par exemple", notent les analystes de Cholet Dupont.

Mais "d'autres considérations sont intervenues", comme le "maintien d'une politique monétaire très souple et des taux longs très bas" qui "diminuent leurs marges et réduisent leur profitabilité".

"Les motifs d'espoir résident dans la stabilisation du prix du pétrole quelle qu'en soit l'origine, et dans un relâchement substantiel de la garde de la Fed, accompagné des nouvelles mesures que la BCE est prête à mettre en œuvre", estime Cholet Dupont.

Mais d'autres analystes étaient plus sceptiques: "Nous avons vu les attentes gonfler sur le pouvoir des banques centrales, et maintenant cette bulle éclate", a commenté pour l'agence Bloomberg News Soichiro Monji, chez Daiwa SB Investments à Tokyo. "Les investisseurs prennent acte du fait que les banques centrales ne sont plus en mesure de contrôler les marchés".


           

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