Les marchés européens proches de la panique face à la dégradation de l'économie


Jeudi 16 Octobre 2014 - 16:29
AFP


Paris - Le spectre d'un jeudi noir menaçait l'Europe avec des Bourses en chute pour un second jour consécutif, les marchés semblant paniquer face à la dégradation de l'économie mondiale.


Les marchés européens proches de la panique face à la dégradation de l'économie
Sonnés par le décrochage de la veille, les marchés boursiers ont tenté en vain de reprendre des forces en début de séance, avant d'être très rapidement rattrapés par les préoccupations sur la conjoncture.

"Il s'agit d'un peu de panique à court terme qui traduit toutes les inquiétudes nourries depuis des semaines sur la croissance", observe Alexandre Baradez, analyste, chez IG.

Vers 12H50 (09H50 GMT), les principaux indices reculaient très fortement à la mi-journée, même s'il limitait un peu la casse. Paris perdait 2,02%, Francfort 1,42%, Londres 1,88%, Madrid 2,60% et Milan 2,27%

Comme toujours en cas de vives turbulences, les investisseurs se ruaient vers les valeurs refuge, comme la dette allemande et américaine.

Les taux d'emprunt des pays du sud de la zone euro montaient en flèche en revanche, notamment ceux de l'Espagne, de l'Italie, du Portugal et de la Grèce, alors que la situation politique et financière à Athènes inquiète spécifiquement les marchés.

La Banque centrale européenne (BCE) a d'ailleurs envoyé un message d'aide à la Grèce en s'engageant à assurer plus de liquidités aux banques grecques. La Commission a aussi embrayé en assurant Athènes de tout le soutien possible.

De même, le pétrole était mal orienté, tandis que logiquement l'or progressait.

"C'est un peu la chute libre. Le marché est à nouveau déprimé sans nouvelle particulière et dans un contexte assez lourd de nervosité", remarque Andrea Tuéni, analyste chez Saxo Banque.

"Il y a une forte aversion au risque et une perte de confiance quant à la croissance", explique-t-il.

Cette nouvelle chute intervient donc sans grande nouvelle jeudi matin, si ce n'est un emprunt espagnol en partie raté et un chiffre de l'inflation de la zone euro confirmé comme très faible à +0,3% en septembre.

Ce sont les perspectives de croissance mondiale qui inquiètent, en particulier la faiblesse de l'économie en zone euro, avec un cocktail d'activité atone et de menace de déflation.

- Ouverture de Wall Street -

"Récemment, on vivait sur l'idée qu'on allait avoir une reprise un peu molle en Europe et un peu plus solide aux Etats-Unis et peut-être au Royaume-Uni. Le problème c'est que, depuis quelques semaines, on publie des chiffres aux Etats-Unis et en Europe qui montrent qu'en fait la reprise de l'activité n'est pas là", explique René Defossez, stratégiste chez Natixis.

Le courtier Aurel BGC estime quant à lui qu'il "est difficile d’isoler un facteur explicatif à ce mouvement", citant les "craintes les politiques monétaires, la croissance, la déflation et le virus Ebola.

Les marchés attendent désormais avec appréhension l'ouverture de Wall Street qui n'a pas été épargné mercredi par la défiance.

Plusieurs indicateurs sont au menu outre-Atlantique dans l'après-midi au moment même où les craintes semblent également portées sur la solidité de la croissance américaine.

La baisse des marchés de par son ampleur rappelle le "comportement classique des investisseurs lors des phases récentes de stress après la faillite de Lehman Brothers ou de la crise des souverains", écrivait le courtier Aurel BGC jeudi matin.

Le problème pour les investisseurs est que dans de telles périodes de craintes, ils sont bien en peine de trouver des motifs d'espoirs.

Pourtant, les banques centrales sont toujours à la manoeuvre, même si leur discours rassurent moins alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) devrait mettre un terme en octobre à son programme de rachats d'actifs.

Les déclarations de banquiers centraux pourraient être un élément stabilisateur, "mais, si réellement, le marché doute sur l’efficacité des politiques monétaires à relancer la croissance (...), des déclarations pourraient laisser les investisseurs de marbre", selon Aurel BGC.

Selon ce dernier, seuls des indicateurs économiques moins mauvais pourraient réconforter les marchés.

M. Baradez relativise toutefois le mouvement observé, l'estimant "ciblé" et ne remettant "pas en cause la vision de moyen terme qu'ont les marchés de l'économie européenne et de la relance en cours".

Il évoque notamment les efforts faits par la BCE ainsi que les possibles investissements à venir de l'Allemagne.

"La baisse des marchés est probablement un phénomène de court terme qui n'est pas similaire à la crise des subprime ou de la dette en zone euro", selon M. Baradez.


           

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