Madagascar : 2018, une année électorale sous haute tension


Mercredi 24 Janvier 2018 - 12:18
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A quelques mois seulement de l’élection présidentielle malgache, prévue entre le 25 novembre et le 25 décembre prochain, la sphère politique est en effervescence alors que le doute persiste encore quant à la tenue effective du scrutin dans les délais face au flou qui entoure l'éligibilité de certains candidats potentiels.


Il s’agit de l’ancien président Marc Ravalomanana (qui a déjà annoncé sa candidature) et de l’ex-Président de la transition, Andry Rajoelina, les deux protagonistes de la crise politique de 2009, initialement écartés de la course à la présidentielle aussi bien par les Malgaches que par la communauté internationale.

Aujourd'hui, plus rien n'est sûr et on sent un fléchissement de certaines parties, en particulier de la Communauté internationale quant au principe d'écarter les deux hommes, relèvent des observateurs interrogés par Anadolu.

Toavina Ralambomahay, analyste politique estime que"la crise malgache ne s'est pas encore terminée et n’est pas prête à se terminer". Il pointe du doigt le "double langage de la communauté internationale concernant le principe du « ni Ravalomanana ni Rajoelina»".

Il rappelle, à ce propos, qu'il y a 4 ans, en 2013, cette Communauté soutenait l'élimination des deux acteurs de la crise politique de 2009 alors qu'aujourd'hui, "elle prône l’ouverture".

Gilbert Raharizatovo, ancien ministre et analyste politique, estime pour sa part que "même si l’on parle d’élections, on est encore loin d’avoir atteint le contexte idéal" pour ce faire, ajoutant que "la tenue des élections, notamment celle présidentielle, est hypothéquée".

Si la communauté internationale, notamment l’Union africaine et l‘Union européenne, parle de plus en plus d'une "élection inclusive" à même d'apaiser les tensions, les proches de l'actuel président, Hery Rajaonarimampianina, lui même candidat pressenti à la future présidentielle, oeuvrent pour laisser ses deux principaux concurrents-Ravalomanana et Rajoelina- loin de cette course.

Les partisans des deux hommes n'hésitent, d'ailleurs pas, à dénoncer des "manœuvres" gouvernementales visant à écarter de nouveau les deux favoris. C'est dans cette perspective qu'on serait en train de relancer les condamnations prises à l’encontre de l'ancien président Marc Ravalomanana, dénoncent les partisans de celui-ci.

Ravalomanana avait, lors d'une récente conférence de presse, remis en cause la compétence du tribunal qui l’avait jugé et les décisions de justice prises à son encontre.

Quelques heures après cette conférence de presse, la ministre de la Justice, Elise Rasolo Alexandrine, avait affirmé devant la presse que "les décisions de justice contre Marc Ravalomanana sont toujours valides" et qu'il lui "revient de faire opposition dans les plus brefs délai sinon le verdict sera appliqué".

Au lendemain de ces déclarations, la presse locale a même évoqué une arrestation imminente du président du parti « Tiako i Madagasikara ».

Pour rappel, Marc Ravalomanana avait été condamné, en août 2010, par la Cour Criminelle Ordinaire d’Antananarivo à une peine de travaux forcés à perpétuité. Bien que jugé par contumace car exilé en Afrique du Sud, il a été reconnu coupable de "meurtre et complicité de meurtre" dans l’affaire de fusillade provoquant la mort de plusieurs dizaines de manifestants le 07 février 2009 à Ambohitsorohitra.

Face à cet obstacle qui risque d’entraver sa candidature, l’ancien président a soutenu qu’une nouvelle crise risquerait d’éclater si jamais il était empêché à se présenter aux élections.

Le Conseil pour le Fampihavanana Malagasy (CFM-dont la vocation est la réconciliation nationale) a, pour sa part, appelé le 16 janvier dernier les politiciens au calme et exhorté toutes les forces vives de la nation à privilégier "le respect mutuel", à "éviter les provocations", et à "instaurer la culture de dialogue pour consolider le patriotisme"

Quatre candidats ont à ce jour, officiellement annoncé leur candidature à la prochaine présidentielle, il s'agit de Marc Ravalomanana (ancien président), Omer Beriziky (ancien premier ministre),Eliana Bezaza (Présidente du Parti Socialiste démocrate) et Mailhol André Christian Dieu Donné (alias Pasteur Mailhol, leader de l'église Apokalipsy à Madagascar).

Voulant rassurer ses compatriotes quant à l'avenir politique du pays, Hery Rajaonarimampianina a affirmé, à l'occasion d'un discours de présentation de voeux le 5 janvier, que "des élections vont bel et bien se tenir cette année", sans toutefois, préciser q'il s'agira d'une élection présidentielle ou de législatives.

Selon l'article 47 de la Constitution malgache, l'élection du Président de la République doit se tenir trente jours au moins et soixante jours au plus, avant l'expiration du mandat du Président en exercice.

L'actuel Président, Hery Rajaonarimampianina qui a prêté serment le 25 janvier 2014, verra son mandat expirer le 25 janvier 2019.


           

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