Menacé d'une taxe, le patron de Google reçu à l'Elysée


Lundi 29 Octobre 2012 - 11:57
AFP


Paris - Le patron de Google Eric Schmidt est reçu lundi par le président François Hollande à Paris, une plongée en milieu hostile alors que le gouvernement, poussé par les éditeurs de presse français et européens, est déterminé à faire payer une taxe au moteur de recherche américain.


Eric Schmidt
Eric Schmidt
Italiens et Allemands font cause commune avec les Français pour réclamer l'instauration d'un droit payant qui serait reversé par Google aux organes de presse, arguant que ce sont leurs contenus, régulièrement actualisés, qui drainent les visiteurs vers le géant du net, lui permettant de réaliser d'importants profits publicitaires.

Google rétorque qu'il redirige quatre milliards de clics par mois vers les éditeurs français.

"Ce mouvement européen nous permet de ne pas être démunis face à Google. Il ne faut pas qu'on considère que tous les combats sont perdus face à ces grandes entreprises du numérique", a souligné lundi matin sur France Inter la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, favorable à la demande des éditeurs.

Il "est normal que les grands sites agrégateurs participent au financement de la presse", a réaffirmé la ministre, qui doit également rencontrer lundi le patron de Google, lancé dans une tournée européenne.

Berlin a déjà adopté fin août un projet de loi obligeant les moteurs de recherche à verser des commissions aux éditeurs. Mais son adoption par le Parlement n'est pas acquise, la gauche y étant opposée.

Sourd à ce stade aux revendications d'une presse qui prend la crise de plein fouet, le géant américain montre les dents: le moteur de recherche menace de ne plus référencer les journaux français si une telle taxe devait voir le jour, c'est-à-dire de ne plus afficher les liens qui renvoient le lecteur vers leurs sites.

Instaurer une taxe serait "néfaste pour internet et pour les internautes", a mis en garde Olivier Esper, responsable de Google, dont le siège social est basé en Irlande et échappe ainsi à la taxation sur les sociétés dans l'Hexagone.

"Discussion apaisée"

Selon le Figaro, François Hollande serait favorable à une loi pour contraindre Google à partager les bénéfices créés par l'information en ligne.

Il l'aurait affirmé aux éditeurs de la presse quotidienne régionale qu'il recevait à déjeuner mercredi dernier avec Mme Filippetti: "Il connaissait bien le dossier et il nous a affirmé qu'il soutiendra l'adoption d'un texte de loi dès janvier 2013", a raconté un convive, affirme Le Figaro.

La ministre de la Culture est du même avis et juge les revendications des éditeurs "légitimes".

En revanche, Fleur Pellerin, ministre déléguée au numérique, qui sera présente au côté de François Hollande lundi après-midi à l'Elysée, selon son agenda, préférerait se passer d'une "Google Lex" et prône "une discussion apaisée".

"S'il peut y avoir un accord de gré à gré entre les organisations représentatives des organismes de presse et la société Google, ce serait évidemment bien mieux que d'aller alimenter des polémiques ou d'entrer dans des combats judiciaires", indiquait-elle à l'AFP lors de son passage à Berlin le 19 octobre.

Selon le site d'information américain spécialisé Quartz, Fleur Pellerin préconiserait un délai de "trois mois" pour des négociations.

"J'espère que Google vient avec des propositions concrètes", a déclaré lundi dans le Figaro la présidente de l'Association de la presse d'information politique et générale, Nathalie Collin, une des initiatrices du projet de loi au coeur du débat, visiblement combative.


           

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