"Miss Bala", plongée brutale et sans fard dans l'enfer des narcos mexicains


Jeudi 19 Janvier 2012 - 10:49
AFP


Los Angeles - En suivant la descente aux enfers d'une jeune femme enrôlée malgré elle par des trafiquants de drogue, le film "Miss Bala" veut lancer un "cri" et susciter "débat et réflexion" face à l'escalade incontrôlée de la violence au Mexique, selon son producteur Diego Luna.


"Miss Bala", plongée brutale et sans fard dans l'enfer des narcos mexicains
Inspirée d'une histoire vraie, celle d'une Miss mexicaine qui avait été arrêtée et accusée de trafic de drogue, "Miss Bala", rélisé par Gerardo Naranjo, sort vendredi en Amérique du Nord (le 10 mai en France).

Si le personnage de Lau (Stephanie Sigman, dont c'est le premier long métrage) ne s'adonne pas au trafic, le cinéaste a repris l'idée d'une jeune femme qui se retrouve malgré elle prisonnière d'une groupe de narcos, contrainte d'obéir sans broncher pour protéger sa famille.

"C'est comme un cri contre tout ce que nous vivons dans notre pays et la peur de ne pas savoir où tout cela peut conduire", déclare à l'AFP Diego Luna.

L'acteur, révélé par "Y tu mama también", a enfilé ici sa casquette de producteur, à travers sa société Canana, co-fondée avec l'acteur mexicain Gael Garcia Bernal ("Y tu mama también", "La mauvaise éducation").

"Je pense que le film évoque l'état d'esprit qui règne aujourd'hui au Mexique. D'une certaine manière le personnage de Lau est une grande métaphore pour parler de nous", les Mexicains, dit-il.

"Nous sommes au milieu de quelque chose dont nous faisons partie intégrante mais que nous n'arrivons pas à comprendre", ajoute-t-il, déplorant "la sensation d'avoir totalement perdu le contrôle de ce que nous vivons" et la façon dont "nous nous sommes habitués à vivre avec cette violence".

Selon les derniers chiffres officiels mexicains, près de 50.000 personnes sont mortes dans les violences liées au crime organisé depuis décembre 2006, date de l'arrivée au pouvoir du président Felipe Calderon et du lancement de son offensive contre les narcotrafiquants avec l'appui de l'armée.

Rien que sur les neuf premiers mois de l'année 2011, les violences ont fait près de 13.000 morts, soit 11% de plus que sur les neuf premiers mois de 2010.

Loin des montages saccadés ou des scènes d'action débordant d'adrénaline généralement associés aux films sur le crime organisé, le réalisateur Gerardo Naranjo a choisi de filmer en plans longs -- voire contemplatifs.

"Il voulait exprimer cette idée que ça n'en finit pas, cette sensation presque gênante de ne jamais sortir du point de vue du personnage principal", explique Diego Luna.

Selon lui, le film -- l'un des gros succès de l'année au Mexique -- a permis de provoquer "des débats, de générer des questions et des réflexions. L'idée n'est pas de donner des réponses. Si on croit au public, en son intelligence, on doit le laisser arriver à ses propres conclusions", estime-t-il.

L'espoir, pour lui, ne peut résider que "dans l'engagement des citoyens à changer leur réalité. En tous cas, c'est le mien", dit-il.

"Et je pense que la première chose à reconnaître, c'est qu'il y a une responsabilité partagée entre nous tous, qui acceptons de coexister avec ce niveau de violence", conclut-il.


           

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