Mugabe résiste aux pressions de l'armée, qui veut l'écarter


Jeudi 16 Novembre 2017 - 13:06
Reuters


Harare - Robert Mugabe s‘estime le seul dirigeant légitime du Zimbabwe et s‘oppose à la médiation d‘un prêtre catholique pour organiser sa mise à l’écart, a-t-on appris jeudi d‘une source proche des services de renseignement.


Le prêtre, Fidelis Mukonori, joue les intermédiaires entre Robert Mugabe et l‘armée, qui a pris le pouvoir dans la nuit de mardi à mercredi en disant vouloir cibler les “criminels” dans l‘entourage du chef de l‘Etat, au pouvoir depuis 37 ans, précise-t-on de source politique.

Cette source haut placée n‘a pas pu préciser le contenu des discussions, qui viseraient à organiser une transition du pouvoir en douceur et sans effusion de sang.

De mêmes sources, on déclare que Robert Mugabe, âgé de 93 ans, estime qu‘il ne peut être démis de ses fonctions que par un vote de la direction de la Zanu-PF, le parti au pouvoir.

Des documents émanant des services de renseignement et consultés par Reuters suggèrent que l‘ancien chef des services secrets Emmerson Mnangagwa, qui a été limogé le 6 novembre par Robert Mugabe de son poste de vice-président, prépare depuis plus d‘un an l‘après-Mugabe avec l‘armée et l‘opposition.

Le chef de l‘opposition Morgan Tsvangirai, qui était soigné à l’étranger pour un cancer, est revenu mercredi soir à Harare, ce qui alimente les spéculations selon lesquelles ce projet pourrait être mis en oeuvre.

L‘ancien ministre des Finances Tendai Biti s‘est dit prêt quant à lui à intégrer un gouvernement d‘union nationale si Morgan Tsvangirai y participe.

“Si Morgan dit qu‘il y va, j‘y vais aussi”, a déclaré Tendai Biti, ministre des Finances au sein du gouvernement d‘union entre 2009 et 2013.

Robert Mugabe, toujours admiré par de nombreux Africains comme un héros de la lutte anti-coloniale, est considéré comme un despote par les Occidentaux qui estiment que sa gestion désastreuse de l’économie et son recours à la violence pour se maintenir au pouvoir a ruiné l‘un des Etats les plus prometteurs du continent africain.

Le président sud-africain Jacob Zuma a dit mercredi s’être entretenu par téléphone avec son homologue zimbabwéen, qui lui a dit qu‘il était retenu à son domicile mais qu‘il se portait bien.

En prenant le pouvoir, les militaires avaient pour principal objectif d‘empêcher l’épouse du chef de l‘Etat, Grace Mugabe, 52 ans, de lui succéder, estiment les observateurs.

Les rues de Harare restaient calmes jeudi, au deuxième jour du coup de force des militaires.


           

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