Naufrage en Méditerranée: les recherches se poursuivent, les survivants attendus à Palerme


Jeudi 6 Août 2015 - 15:41
AFP


Palerme (Italie) - Les recherches d'éventuels nouveaux survivants ou des corps des victimes du naufrage d'un bateau surchargé au large de la Libye, dans lequel plus de 200 migrants ont disparu, se poursuivaient jeudi, alors que plus de 360 rescapés sont attendus à Palerme, en Sicile.


Les recherches sur les lieux de la tragédie se sont déroulées pendant toute la nuit et se poursuivront pendant la journée, a précisé à l'AFP jeudi matin un porte-parole des gardes-côtes.

Ces derniers ont par ailleurs indiqué jeudi matin sur Twitter avoir secouru tous les 381 migrants se trouvant sur une autre embarcation qui a ensuite coulé à 30 milles des côtes libyennes.

Le navire militaire irlandais "Niamh" a récupéré la quasi-totalité des survivants ainsi que les 25 corps repêchés après le drame mercredi, et faisait route vers la Sicile, où il devrait arriver vers 11H00 GMT.

Dans la soirée, six autres rescapés ayant besoin de soins médicaux urgents, avaient été transportés par hélicoptère à Lampedusa, l'île italienne la plus proche des côtes africaines.

Mercredi matin, des migrants avaient lancé un appel au secours: leur bateau de pêche parti de Libye avec entre 600 et 700 personnes à bord prenait l'eau, la salle des machines était inondée et l'embarcation était bloquée, à 15 milles au nord de la ville libyenne de Zouara.

Mobilisé par les gardes-côtes italiens, le "Niamh" est arrivé vers 10H50 GMT et a mis à l'eau deux canots pour s'approcher du bateau surchargé, qui s'est alors retourné, probablement sous l'effet d'un mouvement de foule.

Mobilisée en même temps, l'équipe du "Dignity 1" de Médecins sans frontières (MSF) a évoqué "une vision horrible".

"Des gens s'agrippaient désespérément à des gilets de sauvetages, à des bateaux, à tout ce qu'ils pouvaient trouver pour lutter pour leur vie, au milieu de personnes en train de couler et de ceux qui étaient déjà morts", a raconté Juan Matias, coordinateur de projet sur le "Dignity 1", selon un communiqué de MSF.

"Le fait que nous ayons été d'abord appelés pour secourir ce bateau puis peu après envoyés pour en aider un autre, démontre le manque important de ressources pour les opérations de secours", a dénoncé MSF.

Un avis partagé par Gil Arias, n.2 de l'agence européenne de contrôle des frontières Frontex: "nous avons l'argent nécessaire mais nous n'obtenons pas les navires, les avions et les gardes-frontières dans lesquels investir l'argent. Nous n'obtenons pas des Etats membres une réponse à la hauteur de nos besoins", a-t-il dit, cité par le quotidien espagnol El Mundo.

- Plus de 2.000 morts

Une vaste opération de secours, impliquant sept navires, des hélicoptères et un drone, a permis de secourir près de 400 personnes, mais selon les témoignages et les estimations, il y avait jusqu'à 700 personnes à bord du bateau de pêche qui a fait naufrage mercredi.

Une grande proportion de migrants tentant la traversée de la Méditerranée ne savent pas nager, et des dizaines d'entre eux pourraient de plus avoir été bloqués dans la coque du bateau, qui a coulé très rapidement.

Malgré un important renforcement de l'opération européenne Triton, dont les moyens et les compétences sont désormais similaires à ceux de l'ancienne opération italienne Mare Nostrum, les conditions dans lesquelles les migrants tentent de traverser la Méditerranée rendent chaque voyage périlleux.

Alors que la barre des 200.000 arrivées par la mer, en Italie et en Grèce, devait être atteinte dans les prochains jours, celle des 2.000 morts et disparus en Méditerranée cette année avait été franchie pendant le week-end, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Ces derniers mois, les secours ont régulièrement découvert sur les embarcations de fortune les corps de migrants asphyxiés dans une cale, ou morts par déshydratation, même après moins de 24 heures en mer, parce que le mal de mer leur a fait vomir le peu d'eau qu'ils avaient pu boire.

Le nouveau naufrage pourrait être le pire depuis celui qui avait coûté la vie à quelque 800 personnes en avril. Là aussi, un chalutier surchargé avait coulé à l'arrivée d'un cargo portugais envoyé à son secours, du fait d'un mouvement de foule mais aussi des manoeuvres erronées du capitaine. Le drame avait eu lieu de nuit et il n'y avait eu que 28 survivants.


           

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