Niger-Grève des enseignants : L’Union des scolaires rejette le renvoi des étudiants syndicalistes


Vendredi 16 Mars 2018 - 13:25
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L’Union des scolaires nigériens (USN) a rejeté le renvoi de cinq dirigeants de l’Union des étudiants nigériens à l’Université de Niamey (UENUN), a appris Anadolu de source proche de la direction du principal syndicat des scolaires au Niger.


«Nous condamnons et fustigeons les mesures injustes, disproportionnées, illégales et arbitraires de l’exclusion définitive de l’Université Abdou Moumouni infligées aux responsables syndicaux de l’UENUN par le Conseil de l’Université», ont protesté le Comité directeur et des sections de l’USN, dans une déclaration publiée jeudi soir et dont Anadolu s’est procurée copie.

«Nous rejetons en bloc ces mesures et exigeons la réhabilitation immédiate et sans condition de tous les camarades injustement exclus», ont ajouté les différentes structures de l’USN.

Ces dernières ont aussi exigé «la reprise dans un bref délai des activités académiques par les enseignants chercheurs à l’Université Abdou Moumouni».

Mercredi, le Conseil de l’Université avait décidé du renvoi du Secrétaire général de l’UENUN, de son adjoint, ainsi que de trois membres de la «Commission des affaires sociales et de l’ordre (CASO)», dans le cadre du bras de fer qui oppose les étudiants aux enseignants.

La décision de renvoi de dirigeants estudiantins intervient à peine quelques jours après le rejet par le tribunal de Niamey, lundi, d’une plainte des étudiants, demandant à la justice de déclarer «illégale» la grève «illimitée» engagée depuis 
le 20 février par les enseignants.

Ces derniers essayaient, par cette action, d'obtenir des autorités universitaires et des responsables du ministère de l’Enseignement supérieur, «la dissolution pure et simple» de la «Commission des affaires sociales et de l’ordre (Caso)» de l’UENUN. Cette requête des enseignants fait suite à «l’agression», en début du mois de février, d’un enseignant par des éléments de la «Caso» qui avait érigé une barrière pour faciliter la sortie des bus transportant des étudiants.

Selon le Syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (SNECS) de l’Université de Niamey, la «CASO» est une organisation «criminelle » et sa présence créé un climat d’insécurité dans le campus.

Dans une déclaration publiée le lundi 5 mars, le SNECS a annoncé avoir «transmis aux autorités compétentes un mémorandum récapitulant des faits de traitements cruels, inhumains et dégradants, racket et extorsion de fonds aux commerces sis au campus, des viols d’étudiants et des meurtres», imputés à la Caso. 

Depuis l’entame de la grève des enseignants, l’UENUN n’a cessé de manifester son opposition à la demande de la dissolution de la CASO formulée par les enseignants. Elle est soutenue en cela par l’Union des scolaires nigériens (USN), 
regroupant l’ensemble des scolaires nigériens, étudiant aussi bien au pays qu’à l’extérieur.

Les activités académiques restent toujours bloquées dans les différentes facultés, écoles et instituts de l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Sur les réseaux sociaux, de nombreux observateurs craignent que la mesure de renvoi des responsables étudiants n’exacerbe le bras de fer qui dure depuis plusieurs semaines entre étudiants et enseignants de l’Université Abdou Moumouni de Niamey, la principale université nigérienne qui accueille plus de 15.000 étudiants.


           

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