Nouvelle évacuation musclée des migrants du métro La Chapelle


Mardi 9 Juin 2015 - 10:02
AFP


Des dizaines de migrants ont été interpellés devant la halle Pajol, dans le 18e arrondissement de Paris, en pleine distribution de repas par les associations et des élus. Des témoins ont dénoncé des "violences policières".


Nouvelle évacuation musclée des migrants du métro La Chapelle
Une nouvelle évacuation de migrants a eu lieu lundi après-midi à la Halle Pajol, devant la bibliothèque Vaclav-Havel dans le 18e arrondissement de Paris, où des heurts ont éclaté entre manifestants et policiers.

Les migrants, qui s'étaient installés là ces derniers jours, affirmaient y camper faute d'endroit où aller à la suite de l'évacuation, le 2 juin par la police, du campement de La Chapelle. 

Chaîne humaine

Selon des témoins, des militants, des élus qui arboraient leurs écharpes tricolores et des riverains ont tenté de s'interposer en créant une chaîne humaine.

"Avec les gens du quartier et des élus, une solidarité s'était créée depuis trois jours", a raconté Fanny Gaillanne, conseillère PCF de Paris, à BFMTV. "On était en train de distribuer à manger quand on a vu les cars de police et de CRS. On a alors décidé de se mettre devant pour protéger les migrants et on a clairement été chargés de manière très violente".

Un élu frappé à terre

"On peut clairement parler de violences policières, a ajouté Hugo Touzet, élu communiste du 18e. Je me suis fait frapper par un CRS, étant à terre, ceinturé par cinq autres! Il a fallu, pour le calmer, que ses collègues lui disent: 'Arrête, arrête, c’est un élu!'

Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser le rassemblement. Sur les images de nos envoyés spéciaux, on peut voir les policiers emmener de force des réfugiés dans des cars pour une destination pour le moment inconnue. Selon la préfecture, les pompiers ont pris en charge deux ou trois personnes, qui ont fait un malaise pendant l'évacuation. 

Reconduite à la frontière? 

D'après nos informations, ils seraient au moins 120 migrants à avoir été expulsés, tous venus du campement de La Chapelle, évacué la semaine dernière. En tout, 86 personnes ont été interpellées et conduites dans différents commissariats pour des contrôles d'identité. 

"Nous exigeons qu’aucun d’eux ne fasse l’objet d’une reconduite à la frontière", a déclaré sur notre antenne Danielle Simonnet, conseillère de Paris (Parti de gauche). "Il faut, dans ce pays, qu’enfin, on respecte le droit d’asile. Ils viennent du Soudan et d’Erythrée, ce sont des demandeurs d’asile".
"Il n'y a pas de déboutés du droit d'asile" parmi les migrants évacués, a répondu le préfet de la région d'Île-de-France Jean-François Carenco sur notre antenne. Seulement des migrants qui "ont refusé les hébergements" qui leur étaient proposés, a-t-il ajouté, dénonçant un "mensonge" et une "instrumentalisation" des migrants.

"Plus personne ne peut continuer à jouer l'autruche"

Olivier Besancenot, membre de la direction du NPA, s'est indigné de cette évacuation musclée. "Plus personne ne peut continuer à jouer l'autruche", a-t-il déclaré en direct, joint par BFMTV. "La France est l'un des pays les moins accueillants au monde. C'est une violence complètement déplacée. Je suis riverain, je suis intervenu pour marquer ma solidarité. La répression ne règlera rien".

Les pouvoirs publics avaient assuré aux 360 migrants, installés depuis plusieurs mois sous le pont du métro aérien du boulevard La Chapelle à Paris, dans des conditions indignes, que chacun se verrait pris en charge. Mais tous affirment qu'ils n'ont pas obtenu d'hébergement.


           

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