Pays-Bas: des élections scrutées par l'extrême droite en Europe


Mardi 14 Février 2017 - 09:02
AFP


Les électeurs néerlandais se rendent dans un mois à l'isoloir pour élire un nouveau gouvernement lors du premier vote d'une série d'élections qui pourraient redessiner le paysage politique européen, alors que le député anti-islam Geert Wilders est toujours en tête des sondages.


Après le Brexit et la victoire du président américain Donald Trump, le monde entier tourne désormais le regard vers les Pays-Bas où le 15 mars, le Parti pour la liberté (PVV, extrême droite) de Geert Wilders pourrait enregistrer son plus haut score depuis sa création en 2006.

Une telle victoire améliorerait les chances de ses alliés idéologiques en France et en Allemagne où se préparent également des élections.

Certains répètent pourtant que les sondages ne sont pas fiables alors que d'autres estiment que les électeurs du PVV, au sein des 12,6 millions d'électeurs néerlandais, cachent leurs sympathies.

- Élément Trump? -

Malgré la similitude capillaire, Geert Wilders réfute le surnom de "Donald Trump des Pays-Bas". Il ne fait pourtant aucun secret de son admiration pour le président américain, invitant les députés à l'imiter après la promulgation d'un décret qui bloquait temporairement l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane.

Il partage avec le président américain son amour pour Twitter, et s'est récemment attiré l'ire de la classe politique en publiant un photomontage de l'un de ses adversaires entouré d'islamistes radicaux.

Ces dernières semaines, le VVD du Premier ministre libéral Mark Rutte a réduit l'écart, avec 24 sièges dans le dernier sondage, contre 30 pour Wilders. "Le PVV a été porté par l'élection de Donald Trump mais le sondage montre que 25% de ses électeurs ont réagi de manière négative aux mesures prises" par le président, assure le sondeur Maurice de Hond.

Bien que Wilders soit en politique depuis 20 ans, "les gens veulent de plus en plus voter pour lui car ils ne voient pas assez de changements", affirme à l'AFP Geerten Waling, expert en politique de l'université de Leiden.

A Volendam, fief du député péroxydé, l'ancien capitaine du port Sijmen Kaper, 70 ans, est du même avis: "les hommes politiques n'écoutent pas les gens. Ces gens ne sont pas racistes, ce sont des personnes qui veulent autre chose."

- Négociations -

Même si le PVV émerge comme le plus grand parti du pays, il n'obtiendra toutefois pas les 76 sièges nécessaires pour la majorité de la chambre, composée de 150 députés.

Comme à chaque élection, les partis devront donc négocier pendant des semaines, voire des mois pour former une coalition.

"Personne ne veut gouverner avec lui et il ne sera jamais capable d'obtenir une majorité", assure M. Waling. "Il sera donc un énorme parti d'opposition."

M. Rutte, qui s'était pourtant allié à Geert Wilders en 2010, a également promis de ne pas travailler avec celui qui veut fermer les mosquées du pays et a été reconnu coupable de discrimination l'année dernière pour des commentaires sur les Marocains.

Dans une tentative de séduction des sympathisants de M. Wilders, Mark Rutte a durci le ton sur l'immigration dans une lettre ouverte invitant les immigrés qui ne respectent pas les valeurs néerlandaises à quitter le pays.

Lors d'une interview dimanche, Geert Wilders a pourtant insisté sur le fait que son parti ne pourra être ignoré. Sinon, le gouvernement "sera instable" et s'effondrera "dans l'année", a-t-il affirmé.

Avec 28 partis, chaque vote compte et les petits partis peuvent se voir propulsés sur le devant de la scène pour faire pencher la balance.

Parmi ces "faiseurs de rois" potentiels, Jesse Klaver, 30 ans. Le chef de file des écologistes a donné une nouvelle jeunesse à son parti et les sondages créditent GroenLinks d'une sérieuse avancée.

Surnommé le "Justin Trudeau des Pays-Bas", il avait appelé récemment à une plus grande coopération entre les partis de gauche afin d'éviter le retour de M. Rutte au pouvoir. Son but, ambitieux, est de mettre fin au "vent d'extrême droite qui souffle sur l'Europe", avait-il affirmé à l'AFP l'année dernière.


           

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