Présidence de France TV: une "procédure anti-démocratique", selon les rédactions de France 2 et France 3


Mardi 21 Avril 2015 - 16:50
AFP


"Anti-démocratique" et "sans aucune transparence": les sociétés des journalistes de France 2 et France 3 ont dénoncé mardi la procédure de désignation par le CSA du prochain président de France Télévisions, dans une tribune publiée par Le Monde.


Olivier Schrameck
Olivier Schrameck
Les SDJ, dans leur texte intitulé "Le règne de l'opacité", déplorent que le Conseil supérieur de l'audiovisuel "refuse de révéler le nombre et le nom des candidats retenus" pour la présidence du groupe audiovisuel public.

"L'équipe dirigeante (de France Télévisions, NDLR) va donc être choisie dans les bureaux d'un organe administratif de 8 membres, sans aucune transparence", écrivent les SDJ de France 2 et de la rédaction nationale de France 3.

"Alors que les auditions des candidats à la présidence des chaînes parlementaires, LCP et Public-Sénat, sont retransmises en direct, la nomination du patron de France Télévisions, ses 5 chaînes, ses 3 milliards de budget, va se dérouler dans les couloirs feutrés de la Tour Mirabeau", siège du CSA, regrettent-elles.

"Pour les journalistes du service public il s'agit d'une procédure anti démocratique, sur la forme comme sur le fond. Que sait-on du projet éditorial qui sera retenu? Quelle vision pour l'information des différentes chaînes (...)? Quel engagement pour que l'indépendance et le pluralisme restent la priorité de nos rédactions?", s'interrogent-elles.

Cet "entre-soi (...) prête le flanc à tous les soupçons de pression politique", ajoutent les SDJ, qui regrettent que "citoyens et salariés" soient "tenus à l'écart des débats autour de l'avenir de la télévision publique".

Le CSA a autorisé les candidatures secrètes pour ne pas dissuader les postulants ayant d'importantes responsabilités, une procédure déjà critiquée ces dernières semaines.

Début avril, l'UMP avait notamment dénoncé le "mystère" et "l'opacité" entourant le processus de sélection.

Le gendarme de l'audiovisuel, qui a indiqué avoir reçu 33 candidatures pour le poste le plus important de l'audiovisuel public, fera son choix entre le 22 avril et le 22 mai, pour une prise de fonction mi-août.

Un certain nombre de candidats ont déjà été recalés la semaine dernière. Selon la presse, parmi les finalistes supposés figurent le président sortant de France Télévisions, Rémy Pflimlin, Pascal Josèphe, ex-directeur d'Antenne 2, Cyrille du Peloux, dirigeant de Veolia, Delphine Ernotte, directrice exécutive d'Orange, Robin Leproux (Ex-RTL et M6), Nathalie Collin, DG adjointe de La Poste et Christophe Beaux, PDG de La Monnaie de Paris.


           

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