Prix Sakharov: le Parlement européen honore le printemps arabe


Mercredi 14 Décembre 2011 - 14:32
AFP


Strasbourg (Parlement européen) - Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a solennellement remis mercredi le prestigieux Prix Sakharov à cinq militants du printemps arabe, lors d'une cérémonie marquée par l'absence des deux lauréats syriens.


Asmaa Mahfouz et Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi
Asmaa Mahfouz et Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi
Par ce prix, devenu au fil des années une sorte de Nobel de la Paix européen, le Parlement "reconnaît les efforts de tous ceux qui luttent pour les libertés fondamentales et le changement politique dans le monde arabe", a souligné M. Buzek devant un hémicycle strasbourgeois comble

Sur les cinq lauréats du prix, l'un a été récompensé à titre posthume. Seuls deux des quatre autres avaient pu faire le déplacement à Strasbourg: la militante égyptienne Asmaa Mahfouz, l'une des initiatrices du mouvement de contestation ayant entraîné la chute du raïs Hosni Moubarak, et le dissident libyen Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi, 77 ans dont 31 ans passés dans les geô les de Mouammar Kadhafi.

Mais la cérémonie, à laquelle assistait la chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton, a été marquée par l'absence des deux lauréats syriens.

L'un d'eux, le caricaturiste de presse Ali Farzat, s'est adressé aux eurodéputés via un message vidéo transmis depuis le Koweit, pays où il est réfugié et d'où il n'a pas été en mesure d'organiser son voyage à Strasbourg en raison d'une situation administrative complexe.

"Autant je suis heureux de me voir décerné ce prix prestigieux, autant je souffre de tout ce qui se passe actuellement en Syrie. Chaque minute, chaque seconde, des victimes tombent", a dit M. Farzat, qui en août dernier avait eu les mains brisées en étant passé à tabac par des membres des forces de sécurité syriennes.

Enfin, l'autre lauréate syrienne, l'avocate Razan Zeitouneh, n'a pas non plus pu se rendre à Strasbourg, car "elle doit se cacher" dans son pays, a souligné M. Buzek. Mais elle s'est également adressée aux députés, par le biais d'un message écrit particulièrement émouvant: elle y dédie son prix à Ghiyath Matar, un militant mort en détention en septembre dernier à la suite de tortures, et dont l'épouse a donné naissance "il y a quelques jours" à un garçon qui porte son prénom.


           

Actus | Economie | Cultures | Médias | Magazine | Divertissement