Prudence face au virus chinois et avant la BCE


Jeudi 23 Janvier 2020 - 12:51
Reuters


PARIS - Wall Street est attendue stable jeudi et les principales Bourses européennes évoluent en ordre dispersé mais dans de faibles marges à mi-séance, les investisseurs limitant la prise de risque face aux inconnues de l’épidémie de coronavirus en Chine et dans l’attente des déclarations de la Banque centrale européenne (BCE).


Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street proche de l’équilibre.

À Paris, le CAC 40 gagne 0,13% à 6.018,98 points vers 11h55 GMT alors qu’à Londres, le FTSE 100 cède 0,25% et qu’à Francfort, le Dax recule de 0,27%.

L’indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,08%, le FTSEurofirst 300 de 0,15% et le Stoxx 600 de 0,21%.

Milan se distingue avec une progression de 0,6%, le marché saluant les propos jugés rassurants du ministre de l’Economie, Robert Gualtieri, sur la solidité de la coalition gouvernementale après la démission de Luigi Di Maio de la tête du Mouvement 5 Etoiles (M5S).

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) poursuit ce jeudi son estimation du risque posé par l’épidémie de coronavirus qui a démarré à Wuhan, ville chinoise désormais placée en quasi-quarantaine. Le virus a fait 17 morts et contaminé plus de 630 personnes selon le dernier bilan en date.

La propagation du virus continue d’alimenter les craintes d’une épidémie à l’échelle mondiale susceptible d’avoir des conséquences économiques importantes, comme celle du Sras en 2003.

En Chine, l’indice CSI 300 a chuté de 3,1%, sa plus forte baisse sur une séance depuis près de neuf mois, avant une semaine de fermeture des marchés du pays pour les fêtes du nouvel an lunaire. A Hong Kong, le Hang Seng a cédé 1,52%.

Par ailleurs, la BCE devrait laisser ses taux d’intérêt inchangés mais les marchés attendent de la conférence de presse, à 13h30 GMT, un éventuel changement de ton sur son appréciation de la conjoncture économique et des indications sur la revue en cours de sa stratégie.

“Les données économiques en Europe s’améliorent. Il y a même une possibilité d’avoir, à court terme, des chiffres plus dynamiques qu’attendu par les consensus”, explique dans une note Stéphane Déo, stratège de LBPAM. “La BCE cet après-midi va donc probablement être obligée de donner un discours plus constructif, ou a minima, moins prudent.”

VALEURS EN EUROPE
Les secteurs de la cote européenne les plus exposés aux retombées potentielles de l’épidémie chinoise accusent les replis les plus marqués du jour: l’indice Stoxx des matières premières cède 1,52%, celui des transports et du tourisme 1,36%.

Le secteur automobile continue quant à lui de souffrir des menaces américaines de taxation des importations de voitures aux Etats-Unis: son indice Stoxx perd 0,64%, au plus bas depuis trois mois. Daimler recule de 0,64%, BMW de 0,93% et Continental de 1,54%.

Renault (-4,15%) souffre en outre de l’abaissement de la recommandation de Citigroup à “vendre”.

A la hausse, STMicroelectronics bondit de 7,61%, la meilleure performance du Stoxx 600, après des résultats trimestriels supérieurs aux attentes.

Les secteurs défensifs des services aux collectivités (“utilities”) (+0,47%)et de l’immobilier (+0,33%) sont eux aussi bien orientés.

TAUX
Le repli sur les valeurs refuges favorisé par l’inquiétude liée à l’épidémie chinoise favorise la poursuite de la baisse des rendements obligataires, dans des volumes limités par l’imminence des annonces de la BCE: celui du Bund allemand à dix ans revient à -0,272% après un plus bas de 15 jours à -0,286% et son équivalent français confirme son retour en territoire négatif: il a touché, à -0,039%, son plus bas niveau depuis le 4 décembre.

La baisse est plus marquée pour les rendements italiens: celui des BTP à dix ans chute de plus de cinq points à 1,292%, la crainte de voir la coalition gouvernementale éclater ayant reflué.

Sur le marché américain, les Treasuries à dix ans affichent un rendement de 1,7516%, en recul de près de deux points.

CHANGES
L’inquiétude suscitée par le coronavirus chinois n’épargne pas le marché des devises, avec pour conséquence une baisse du yuan et une hausse du yen, valeur refuge préférée des cambistes.

La monnaie japonaise s’apprécie de près de 0,2% face au dollar et à l’euro alors que la devise chinoise cède près de 0,3% face au billet vert et accuse désormais un repli de plus de 1% par rapport au pic de six mois atteint lundi.

L’euro est stable face au billet vert à 1,1091 avant les annonces de la BCE et l’”indice dollar” est en très léger repli (-0,03%).

PÉTROLE
Le marché pétrolier est lui aussi affecté par la crainte de voir l’épidémie de coronavirus peser sur la demande de brut.

Le Brent abandonne 1,49% à 62,27 dollars le baril après avoir touché, à 62,08 et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 1,69% à 55,78 dollars.

L’un comme l’autre ont touché en début de journée leur plus bas niveau depuis début décembre avant de réduire un peu leurs pertes.


           

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