Régulation et taxation de la finance: le G20 face à des embûches


Samedi 26 Juin 2010 - 11:18
AFP


Toronto - Les pays riches et émergents du G20, qui se réunissent en sommet à partir de samedi soir à Toronto, devraient avoir des discussions animées sur la régulation et la taxation de la finance, sujets semés d'embûches.


Régulation et taxation de la finance: le G20 face à des embûches
Entre des pays aux systèmes financiers très dissemblables mais qui avaient pris des engagements ambitieux lors de leur précédent sommet à Pittsburgh (Etats-Unis) en septembre, tout l'objet des réunions de Toronto sera de maintenir une unité.

"Je suis convaincu que nous aurons un consensus du G20 sur un ensemble de sujets au sommet de Toronto, en particulier sur la régulation du secteur financier", a déclaré vendredi, lors d'une conférence de presse en marge du sommet du G8 à Huntsville, le Premier ministre canadien Stephen Harper.

C'est sur la taxe à imposer aux banques que ce consensus sera le plus difficile à trouver.

Le G20 qui avait chargé le Fonds monétaire international d'avancer ses propositions, s'est finalement divisé sur l'utilité même d'une telle taxe et sur la façon pour le secteur financier d'"assurer une contribution juste et substantielle qui lui ferait payer la charge due aux interventions des Etats pour réparer le système bancaire", l'objectif de départ.

Mais "il n'y a pas de preuve que l'introduction d'une taxe soit nécessaire à tous les pays", a expliqué à Toronto vendredi l'un des membres de la délégation russe, Andreï Bokarev.

De nombreux autres Etats sont sur la même ligne, comme les partenaires de Moscou dans le groupe des "BRIC" (Brésil, Russie, Inde et Chine), l'hôte canadien ou encore l'Australie. Ils estiment ne pas avoir besoin de révolutionner le contrôle de leurs banques ni de les punir par une fiscalité spécifique.

D'après un porte-parole de la délégation japonaise à Toronto, le G8 n'a pas spécifiquement évoqué cette question vendredi, et les lignes n'ont pas bougé depuis le communiqué de la réunion des ministres à Busan (Corée du Sud) le 5 juin, qui relevait "un ensemble d'approches" et la nécessité de "prendre en compte les circonstances particulières et les possibilités offertes à chaque pays".

Un haut responsable de la délégation américaine a indiqué à Huntsville que le G8 avait parlé de "régulation financière plus généralement".

Les Européens ont passé les jours approchant le sommet de Toronto à insister en faveur de cette taxe. L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne souhaitent montrer l'exemple.

Quant aux Etats-Unis, à l'origine parmi les promoteurs de l'idée, ils n'en ont plus parlé récemment. A Washington, c'est au Congrès désormais d'avancer sur cette taxe, lors des discussions cet été du budget 2010-2011.

Le président Barack Obama est en revanche arrivé au Canada fort du compromis trouvé par les parlementaires de son pays sur une réforme de la régulation financière la plus ambitieuse du G20.

Mais collectivement, le G20 n'arrive pas à Toronto avec beaucoup à faire valoir.

Les discussions entre banques centrales et régulateurs financiers sur les nouvelles normes de fonds propres ("Bâle III") prennent du temps. L'engagement de mettre fin aux "excès" de la finance qui ont précipité la planète dans la récession a eu du mal à trouver sa traduction concrète. "Les derniers G20 ont abouti à des plans de relance et des aides massives aux systèmes financier et bancaire, sans qu'en contrepartie ceux-ci soient soumis à de nouvelles régulations", a ainsi accusé vendredi l'association altermondialiste Attac.


           

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