Saisie des parts de Tapie: "inquiétude" à La Provence, selon Mazerolle


Jeudi 11 Juillet 2013 - 12:11
AFP


Marseille - Le directeur de la rédaction de La Provence, Olivier Mazerolle, exprime jeudi dans un éditorial une "inquiétude" après la saisie par la justice des parts de Bernard Tapie dans le Groupe Hersant Média (GHM), craignant que les "subsides" nécessaires au "développement" du journal fassent défaut.


Saisie des parts de Tapie: "inquiétude" à La Provence, selon Mazerolle
"Il est légitime que l'Etat prenne ses précautions. Mais pas au détriment d'entreprises qui ne sont pas parties prenantes dans cette affaire", souligne M. Mazerolle. Des entreprises qui emploient 2.000 salariés, rappelle-t-il.

"Jusqu'à quel point est-il désormais interdit à Bernard Tapie d'investir dans les journaux dont il est le copropriétaire? Voilà une question qui reste sans réponse officielle de la part des magistrats. Cette situation suscite une inquiétude que chacun comprendra", poursuit le chef de la la rédaction.

"Nous souhaitons que l'actionnaire ne soit pas empêché de fournir à La Provence les subsides dont elle a besoin pour son développement", conclut-il, avant d'assurer que "dans l'immédiat, elle n'(était) pas menacée".

Mercredi, les syndicats du groupe Nice-Matin, également repris fin 2012 par l'homme d'affaires avec la famille Hersant, avaient estimé qu'une telle saisie - pas encore effective jeudi matin - hypothèquerait l'avenir des quotidiens du Sud-Est de GHM (La Provence, Nice-Matin, Var-Matin, Corse-Matin).

"Saisissez tous les biens personnels que vous voudrez (...) Mais, par pitié, n'hypothéquez pas l'avenir de ces deux entreprises en prenant des mesures conservatoires qui n'ont qu'un intérêt médiatique!", avait lancé l'intersyndicale de Nice-Matin (SNJ, CGC, CGT) dans un communiqué adressé aux juges Tournaire et Daïeff.

Gérard Pitocchi, ouvrier du livre et délégué syndical CGT à Nice-Matin, s'interroge par ailleurs sur la faisabilité de la saisie. "On ne voit pas très bien comment ils pourraient saisir 50% de Nice-Matin, les 50% restants appartenant au groupe Hersant. Juridiquement, ça va être très compliqué", a-t-il dit à l'AFP.

"Si dans trois mois, aucun projet industriel n'est présenté, comme cela avait été promis par M. Tapie lorsqu'il était venu voir les salariés au siège, l'entreprise risque de se retrouver en très grande difficulté", a-t-il prévenu.

Les juges enquêtant sur l'arbitrage controversé du litige entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais ont ordonné la saisie d'une partie des biens de l'homme d'affaires qui s'était vu octroyer 403 millions d'euros en 2008. Mis en examen pour escroquerie en bande organisée, l'homme d'affaires a d'emblée annoncé qu'il contesterait en justice cette mesure, qui est relativement fréquente dans les enquêtes financières.


           

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