Sarkozy veut "sauver" le site Caterpillar, les quatre cadres libérés


Mercredi 1 Avril 2009 - 12:54
lepoint.fr/AFP


Les quatre dirigeants du site du constructeur américain d'engins de chantier Caterpillar à Grenoble retenus depuis 24 heures ont été libérés mercredi en fin de matinée.


Sarkozy veut "sauver" le site Caterpillar, les quatre cadres libérés
Auparavant, à 11 heures, l'intersyndicale de Caterpillar avait annoncé avoir accepté de les relâcher au siège de l'entreprise à Grenoble pour reprendre les négociations sur le plan social à la Direction départementale du travail (DDT). "En guise d'apaisement", le directeur général, Nicolas Polutnik, séquestré par ses salariés, a accepté le paiement des trois jours de grève demandé par les syndicats. "Toutefois, a-t-il ajouté, il y a une contrepartie : que le site soit évacué pour que nous soyons libres de nos mouvements et que le mouvement soit suspendu pour que nous nous installions dans les négociations." Le directeur général de Caterpillar Grenoble n'a en revanche pas répondu sur une autre revendication des syndicats qui réclament une négociation sur le chômage partiel.
Plus tôt, ce groupement FO-CFDT-CGT-CFTC a lancé un appel à Nicolas Sarkozy et aux parlementaires européens afin qu'ils débloquent des fonds pour soutenir l'entreprise visée par 733 suppressions d'emplois. Ce fonds dispose d'une réserve provisionnée à hauteur de 500 millions d'euros par an pour "les victimes de licenciements", a souligné Nicolas Benoît, élu CGT, en lisant une déclaration de l'intersyndicale. Ce déblocage vise d'une part à "répondre à l'énorme attente sociale liée aux revendications des salariés" et d'autre part à "soutenir la possibilité d'un redémarrage rapide de notre entreprise et de nos sous-traitants", a-t-il répété.
"Nous demandons qu'en cette situation exceptionnelle de crise, une réponse politique forte et adéquate soit apportée pour trouver rapidement une issue à la crise", a-t-il insisté. "S'il y a de l'argent pour sauver les banques et la finance, vous devez en trouver pour sauver les entreprises", a-t-il poursuivi à l'adresse de Nicolas Sarkozy. "Sans un effort du groupe américain et de l'Union européenne, aucun débouché ne pourra être trouvé pour réduire les licenciements et permettre à ceux qui le souhaitent de partir dans la dignité", a expliqué Nicolas Benoît, craignant, à terme, la fermeture des sites Caterpillar de Grenoble et d'Échirolles, dans l'Isère, qui regroupent 2.800 emplois au total.
"On ne laissera pas tomber Caterpillar" (Sarkozy)
"C'est un appel solennel (...) afin d'effectuer dans les plus brefs délais une demande de déblocage de fonds prévu par le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM)", a déclaré Nicolas Benoît, lors d'un point presse, à 7 heures, au siège de l'entreprise à Grenoble. Un appel entendu par le président de la République qui a promis, sur Europe 1 , qu'il allait "sauver le site". "Caterpillar, c'est une entreprise qui fabrique des engins de terrassement et qui travaille notamment pour les États-Unis. La chute de la demande est de 80 %. Je recevrai cette intersyndicale puisqu'ils m'ont appelé au secours, d'après ce que je comprends, et on ne les laissera pas tomber", a-t-il affirmé.
Les quatre cadres de Caterpillar étaient retenus depuis mardi matin . Durant toute la nuit de mardi à mercredi, une cinquantaine d'employés se sont relayés pour garder l'entrée du bureau où les quatre cadres, parmi lesquels le directeur général du site Nicolas Polutnik, étaient séquestrés. Ceux-ci ont, selon un salarié, dormi "sur la moquette", mais ce matin, les employés leur ont apporté "des croissants et des pains au chocolat".
Les séquestrations de dirigeants par des salariés grévistes tendent à se multiplier. Le 13 mars, c'est le pdg de Sony France, Serge Foucher, qui a été gardé toute une nuit dans l'usine de Pontonx-sur-l'Adour, dans les Landes, par des salariés mécontents des modalités financières du plan social qui leur était réservé. Il a finalement été libéré le lendemain, pour participer à une réunion de conciliation fructueuse. Enfin, le 26 mars, c'est le patron de l'usine 3M de Pithiviers, Luc Rousselet, qui a été lui aussi libéré après avoir été séquestré pendant plus de 24 heures dans son usine . Là aussi, la décision de laisser Luc Rousselet quitter les lieux a été prise à l'issue de plusieurs heures de négociations, après la signature d'un protocole d'accord entre la direction de 3M-France et les représentants syndicaux.
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Le directeur général du site grenoblois de Caterpillar, Nicolas Polutnik (à gauche), a été séquestré avec trois autres cadres dirigeants pendant 24 heures par des salariés grévistes (à droite).


           

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