Syrie: la coalition frappe l'EI après le rapt de 220 Assyriens


Jeudi 26 Février 2015 - 17:02
AFP


La coalition internationale qui combat le groupe Etat islamique a mené jeudi des frappes contre des positions des jihadistes dans le nord-est de la Syrie, où ils ont enlevé plus de 220 chrétiens assyriens.


Syrie: la coalition frappe l'EI après le rapt de 220 Assyriens
 Ces trois derniers jours, près de 1.000 familles d'Assyriens, soit quelque 5.000 personnes, ont fui leur domicile pour trouver refuge à Hassaké et Qamichli, deux villes du nord-est tenues par les forces kurdes et gouvernementales, selon un responsable assyrien.

"Ils sont désespérés, dans un total dénuement, ils ont tout laissé derrière eux", a raconté à l'AFP par téléphone depuis Qamichli Jean Tolo, responsable de l'Organisation assyrienne pour les secours et le développement.

Joint par téléphone à Hassaké, Danny Jano, 35 ans, a expliqué à l'AFP avoir fui en pyjama avec sa femme et ses deux filles en apprenant que les jihadistes approchaient de son village.

"Les combats ont commencé lundi à 04H00 du matin. Nous avons entendu le bruit des armes automatiques et des bombardements durant sept heures avant de décider d'abandonner notre maison", a-t-il raconté.

Dans un nouveau bilan, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état du rapt de 220 personnes, contre 90 précédemment, depuis lundi.

Les Assyriens ont été enlevés dans la région de Tall Tamer, à une vingtaine de km à l'ouest de Hassaké, où l'EI contrôle désormais 10 villages chrétiens, selon l'ONG. La ville de Tall Tamer demeure elle sous le contrôle de forces kurdes.

Des raids de la coalition ont eu lieu autour de Tall Tamer, selon cette même source qui n'a pas fourni dans l'immédiat un bilan des victimes des frappes.

- Boucliers humains ? -

Selon Oussama Edward, directeur du Réseau assyrien des droits de l'Homme basé en Suède, les otages assyriens, "en grande majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées", ont été emmenés à Chaddadé, un fief de l'EI au sud de Hassaké.

"L'EI perd du terrain et ils ont pris ces otages pour en faire des boucliers humains", a-t-il affirmé, estimant que le groupe tentera aussi d'échanger ses otages contre des prisonniers jihadistes aux mains des Kurdes.

Au moins 35 combattants de l'EI et 25 membres des forces kurdes et assyriennes ont été tués dans les combats dans la région ces trois derniers jours, selon l'OSDH.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a "condamné fermement" ces enlèvements de chrétiens, qui sont les premiers de cette ampleur en Syrie, et réclamé leur "libération immédiate et sans condition".

"De tels crimes montrent une nouvelle fois la brutalité de l'EI qui est responsable de milliers de crimes et violations contre les gens de toutes les religions, ethnies et nationalités".

- Assad le 'dictateur' -

Le groupe sunnite radical a lancé jeudi sur le web une "campagne internationale" de soutien à son "califat islamique", proclamé en juin 2014 par son chef Abou Bakr al-Baghdadi sur les territoires conquis en Syrie et en Irak.

"Frères, rejoignez-nous dans cette campagne et participez au combat contre les opérations que les mécréants lancent pour nous stopper", indique l'EI dans son appel, en référence aux frappes de la coalition qui visent aussi l'EI en Irak.

La montée en force de l'EI en Syrie a grandement éclipsé la confrontation entre le régime de Bachar al-Assad, mis au banc par de nombreux pays occidentaux, et la rébellion, qui entrera le mois prochain dans sa cinquième année et a fait plus de 210.000 morts.

Le médiateur de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura est attendu vendredi à Damas, où il discutera le lendemain de sa proposition de gel des combats entre rebelles et forces du régime pendant six semaines dans la grande ville du nord Alep, selon la presse syrienne.

Lors d'une rencontre mercredi avec trois parlementaires français, le président Bachar al-Assad a déclaré son appui à cette initiative, selon des participants à la réunion.

L'entretien de ces parlementaires avec M. Assad, avec lequel Paris n'entretient plus de relations, a été condamné par le président français François Hollande, qui a qualifié le chef de l'Etat syrien de "dictateur".


           

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