Tunisie: la croissance en 2013 revue à la baisse à 2,6%


Vendredi 6 Décembre 2013 - 17:45
AFP


Tunis - La Banque mondiale (BM) a estimé vendredi que la croissance en Tunisie ne dépasserait pas 2,6% en 2013, une prévision pessimiste comparée à celle des autorités, le pays ayant vu ses indicateurs se dégrader sur fond de crise politique et sociale.


"La croissance du PIB (...) devrait se situer autour de 2,6%" en 2013, relève la Banque mondiale dans une note intitulée "Echapper à l'austérité en accélérant la croissance" qui table sur une hausse de 3% du PIB en 2014.

Ces données sont loin des prévisions des autorités qui tablent encore sur une croissance de 3/3,5% en 2013 et 4,5% en 2014.

La BM constate que la Tunisie paye le prix de l'interminable crise politique qui empêche l'installation d'institutions pérennes, de "la montée des problèmes de sécurité relatifs au terrorisme" mais aussi des faiblesses de l'économie européenne.

Elle relève que les investissements, les exportations et le tourisme "ont baissé ou au mieux stagné", que la production stratégique de phosphates reste de faible niveau en raison de la multiplication des conflits sociaux et que l'agriculture a souffert des "mauvaises conditions météorologiques".

"L'affaiblissement des fondamentaux macroéconomiques en Tunisie inquiète de plus en plus. La vulnérabilité budgétaire s'est détériorée, les déficits extérieurs demeurent élevés et l'endettement public augmente", souligne la Banque mondiale.

Concernant le chômage, l'un des facteurs de la révolution de janvier 2011, la Banque prévoit "qu'il restera élevé à court terme" étant donné que "la Tunisie aura besoin d'une croissance d'au moins 4,5% pour réduire le nombre de chômeurs".

Environ 15% de la population active est sans emploi, un taux qui dépasse les 30% chez les diplômés.

Une crise politique paralyse le fonctionnement du pays depuis l'assassinat en juillet d'un opposant, attribué à la mouvance jihadiste.

Le gouvernement s'est engagé fin octobre à démissionner pour résoudre l'impasse, mais il est toujours en place, islamistes et opposants ne parvenant pas à s'entendre sur le nom d'un Premier ministre indépendant.

Ces dernières semaines ont aussi vu les conflits sociaux, parfois violents, se multiplier, et le principal syndicat du pays a dit craindre "un hiver chaud" sur le plan social.


           

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