Un père et son fils "revenants" de Syrie lourdement condamnés


Samedi 29 Septembre 2018 - 11:46
Reuters


Paris - Le tribunal correctionnel de Paris a lourdement condamné vendredi un père et son fils aîné, accusés de s’être mis au service de l’Etat islamique en Syrie avant d’être arrêtés à la frontière turque en 2015 sur le chemin du retour en France.


Le père, Lotfi Souli, ingénieur en télécommunications de 50 ans d’origine tunisienne, a été condamné à 10 ans de prison dont les deux tiers de peine de sûreté, le maximum en correctionnelle comme l’avait demandé le ministère public.

Son fils Karim, 23 ans, se voit infliger huit ans de prison dont la moitié de peine de sûreté, au lieu de dix ans dont les deux tiers de sûreté requis par le ministère public.

Lotfi Souli avait rejoint en octobre 2013, avec Karim et son cadet Mohamed-Amine, alors âgés de 18 et 15 ans, un groupe djihadiste, Ahrar al-Cham, puis l’Etat islamique (EI), en Syrie, où ils sont restés 18 mois.

Expulsés vers la France après leur arrestation, ils avaient raconté aux enquêteurs français qu’ils étaient allés en Syrie pour ramener un camarade de lycée de Karim, Anass Belloum, parti faire le djihad et présumé mort dans des combats à Rakka.

Ils avaient dit avoir été séquestrés par l’Etat islamique (EI, Daech). Une version de nouveau défendue à la barre par Lotfi Souli, qui a néanmoins admis avoir offert ses services “à ces gens-là” pour “sauver” ses fils et se protéger.

Karim Souli a pour sa part joué devant la cour la carte du repentir - “J’ai dévié (...) Tous les jours j’essaie (...) de me détacher des racines du mal”, a-t-il dit.

La cour en a tenu compte, ainsi que de sa jeunesse à l’époque des faits et de l’ascendant de son père.

TOUR EIFFEL ET PONT D’IÉNA
Mais pour l’accusation, le fait que Lotfi Souli ait vidé ses comptes et ceux de sa société de formation et de conseil, ainsi que son logement, lors de son départ, démontre qu’ils étaient allés en Syrie “sans volonté de retour”.

De même, l’exploitation des supports informatiques saisis lors de leur arrestation montrent une radicalisation ancienne. L’adhésion de Lotfi Souli aux thèses djihadistes, notamment à celles d’Al Qaïda, remonterait ainsi au début des années 2000.

Les enquêteurs ont également établi que le père et les deux fils avaient participé à des entraînements militaires et des missions de surveillance armée lors de leur séjour en Syrie.

Pour l’accusation, Lotfi Souli avait mis ses compétences d’ingénieur au service de l’Etat islamique, notamment pour mettre en place son réseau de télécommunications.

Les experts ont notamment retrouvé sur un ordinateur saisi des manuels de confection d’engins explosifs, des cartes d’aviation et des notes sur le pilotage d’un Boeing. Les enquêteurs ont aussi mis au jour des recherches effectuées sur Google Maps sur la Tour Eiffel et le pont d’Iéna à Paris.

De quoi, avec la saisie de sommes d’argent importantes sur les Souli, alimenter les soupçons sur leurs intentions réelles et la motivation de leur retour en France à une époque où Daech envoyait des djihadistes commettre des attentats en Europe.

Mohamed-Amine Souli, mineur lors des faits, comparaîtra pour sa part le 16 octobre devant le tribunal pour enfants de Paris.


           

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