Yemen: enlèvement d'une Française travaillant pour la Banque mondiale


Mardi 24 Février 2015 - 18:53
AFP


Une jeune ressortissante française travaillant pour la Banque mondiale a été enlevée mardi à Sanaa, ont annoncé à Paris les autorités françaises en réclamant sa libération "dans les meilleurs délais".


Yemen: enlèvement d'une Française travaillant pour la Banque mondiale
"Nous demandons que sa libération intervienne dans les meilleurs délais, nous cherchons à la localiser", a déclaré le président François Hollande à la presse, en précisant que cette femme, âgée de 30 ans, travaillait pour la Banque mondiale, organisation financière internationale dont le siège est à Washington.

Selon une source des services de sécurité yéménites, la jeune femme a été enlevée dans la matinée dans le centre de Sanaa, par des hommes armés non identifiés. Selon cette source, elle a été interceptée avec son accompagnatrice yéménite alors qu'elles se trouvaient à bord d'un taxi. Les deux femmes ont été conduites vers une destination inconnue.

"Tous nos services sont mobilisés pour localiser et obtenir la libération rapide de notre compatriote", a assuré dans un communiqué le ministère français des Affaires étrangères, qui avait appelé récemment les Français à quitter ce pays en proie à des troubles. "Le centre de crise du Quai d’Orsay est en contact avec sa famille", a ajouté le ministère dans son communiqué.

La capitale du Yemen est actuellement contrôlée par les miliciens chiites Houtis.

Début février, la France et d'autres pays occidentaux avaient fermé leurs ambassades au Yemen. Paris avait alors conseillé à sa centaine de ressortissants de quitter le pays "dans les meilleurs délais".

- Paris sans représentation diplomatique -

Les intérêts français au Yemen avaient été pris en charge en début de mois par la représentation marocaine dans le pays. Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui, le Maroc s'étant depuis aussi retiré du Yémen. Paris étudie actuellement les possibilités de représentation, selon des sources diplomatiques.

"Compte tenu de la dégradation des conditions sécuritaires au Yemen, nous renouvelons avec insistance la recommandation faite il y a déjà deux semaines à tous nos compatriotes de quitter au plus vite le pays", a ajouté le ministère français dans son communiqué.

Le président yéménite Abd Rabbo Manour Hadi, retenu un temps à Sanaa mais désormais libre de ses mouvements et protégé par ses partisans à Aden (sud), revendique son statut de chef d'Etat légitime face à la milice chiite qui contrôle la capitale, au risque d'accentuer les divisions du pays.

Dès son arrivée à Aden, il a déclaré assumer ses fonctions et a qualifié de "nulles et non avenues" toutes les mesures prises par les Houthis.

Six monarchies sunnites du Golfe - Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar, Koweït - ont salué la fuite de M. Hadi de Sanaa, évoquant "un pas important qui affirme sa légitimité".

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait déjà sommé le 16 février les Houthis de "retirer leurs forces des institutions de l'Etat" et de "céder le contrôle des institutions gouvernementales et de sécurité".

Les Etats-Unis avaient également dès le 7 février rejeté la création par les Houthis d'un "Conseil présidentiel" pour remplacer M. Hadi, qui était un allié de premier plan de Washington dans la lutte contre Al-Qaïda, cible d'attaques de drones américains au Yemen.


           

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