Affaire HSBC: la presse suisse critique durement le gouvernement

AFP

Zurich - La presse suisse a durement critiqué jeudi le gouvernement helvétique, au lendemain de la décision de Berne de suspendre la ratification d'un accord fiscal avec Paris, estimant qu'il avait agi bien trop tard.

Affaire HSBC: la presse suisse critique durement le gouvernement
"La France aura offert (au président) Hans-Rudolf Merz une belle occasion de terminer dans un sursaut de dignité blessée une année présidentielle marquée par des capitulations sans gloire", a estimé le quotidien Le Temps dans son éditorial.

Selon le journal, le président "a pu dire "ça suffit", avant qu’un parti ne s’empare de la fermentation qu’on sentait monter dans le monde politique et ne l’exploite dans son seul intérêt", notamment en réclamant un référendum populaire.

Pour La Tribune de Genève, le gouvernement a présenté "une chronologie ubuesque de démarches faites par la Suisse envers la France, restées lettre morte depuis février 2009", en référence aux tentatives de la Confédération de récupérer les données volées.

Mais la critique du journal se dirige principalement contre M. Merz, qui a "une fois de plus, répété un exercice bien connu. Celui du: "On s’est fait avoir, on va voir comment on peut réagir".

Le journal Le Matin a été un peu plus clément dans son jugement de la réaction de Berne, estimant que "depuis le début de l'affaire (...) le gouvernement suisse n'avait pas encore pris position. Depuis hier, c'est chose faite".

Le journal ajoute cependant qu'il "reste donc à savoir les conséquences" de cette suspension.

La Suisse a haussé le ton mercredi face à la France, en suspendant la ratification d'un accord fiscal pour protester contre la récupération par Paris de données volées à la banque privée HSBC à Genève, ayant permis d'établir une liste de contribuables soupçonnés de fraude.


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