CrossCheck: 37 médias français s'allient contre la désinformation

AFP

Une alliance de 37 médias français, soutenus par Google et le réseau international de médias First Draft, a lancé mardi "CrossCheck", plateforme collaborative de fact-checking destinée à débusquer les fausses informations qui pourraient perturber la présidentielle.

Le site CrossCheck (https://crosscheck.firstdraftnews.com) permet aux partenaires de mettre en commun leurs efforts pour démonter de fausses informations et publier un article qui rétablit les faits, a expliqué la directrice de First Draft Jenni Sargent au cours d'un point de presse.

Les partenaires pourront publier ces vérifications sur leur support.

"Nous trouvons intéressant de collaborer avec d'autres rédactions car nous faisons tous ce travail dans notre coin et une seule rédaction ne peut pas répondre à tout ce qui circule", a résumé Adrien Sénécat, des "Décodeurs" du Monde. "Les Echos veulent faire partie du projet car notre travail quotidien est d’établir la véracité des faits", a renchéri Clémence Lemaistre, rédactrice en chef numérique du quotidien économique.

Cette initiative a été créée au départ pour la durée de la campagne présidentielle française, mais pourrait se prolonger en cas de succès.

Parmi les partenaires figurent de grands quotidiens nationaux et régionaux, de Libération au Monde et aux Echos, en passant par La Voix du Nord et Ouest France, ou encore des news magazines, des pure players, ainsi que l'AFP, aux côtés de Google et Facebook.

A terme cette plateforme devrait réunir environ 250 journalistes des médias partenaires qui pourront partager sur la plateforme, afin de vérifier au mieux les articles douteux.

Toute vérification ne sera publiée sur CrossCheck que si elle est validée par au moins deux rédactions.

Pour repérer les rumeurs qui montent, les participants s'aideront des signalements par les internautes sur le site CrossCheck, du logiciel GoogleTrends, qui recense les recherches les plus fréquentes sur Google ainsi que de la veille réalisée par une douzaine d'étudiants en journalisme.

Ces derniers rédigeront les articles de vérification, sous la houlette des médias partenaires.

CrossCheck indiquera si l'information de départ était fausse ou non, ou impossible à vérifier, et précisera quelles rédactions ont collaboré à la vérificatoin.

Parmi les premières fausses informations débusquées, l'agression d'un prêtre qui a circulé ces derniers jours sur les réseaux sociaux mais qui remonte en fait à 2013. CrossCheck ne se fixe pas d'objectif quantitatif en ce qui concerne le nombre d'articles vérifiés.