Fouad Laroui signe à Paris son Beau-livre « Lumières Marocaines », un vibrant hommage à l'art contemporain marocain

MAP

​Paris - Fouad Laroui, auteur marocain de renommée internationale, a présenté et signé, vendredi soir à Paris, son nouveau Beau-livre « Lumières Marocaines », un vibrant hommage à l’art contemporain marocain, devant un parterre de personnalités du monde des lettres et des arts du Maroc et de France.

Paru en novembre dernier, « Lumières Marocaines », est le dernier opus de la collection les Routes de l'Art de la maison d'éditions Langages du sud.

L’ouvrage nous emporte dans un véritable tour d'horizon de la création contemporaine marocaine, éclectique et foisonnante, à travers le travail et les oeuvres de soixante artistes (photographes, peintres, sculpteurs, plasticiens…), des figures pionnières aux jeunes créateurs, des femmes et des hommes. Des artistes qui sont le reflet de l’identité plurielle du Maroc et de sa vitalité créatrice.

Fouad Laroui affirme expliquer, dans l’introduction de ce Beau-livre, sa propre conception de l’art et souligner « quelque chose qui lui tient profondément à cœur et qui est la raison pour laquelle il a écrit ce livre », à savoir « la diversité ». « Je pense que la diversité est notre plus grande force au Maroc. Ce qui fait vraiment le lien des Marocains c’est leur diversité », a-t-il dit à la MAP.

Il s’est également félicité du grand succès de cette rencontre qui a fait salle comble à Paris et qui a permis de souligner que « l’art au Maroc est vivant, et que l’art est notre façon, à la fois de nous distinguer les uns des autres et de cimenter ce que nous sommes : une Nation unie mais diverse ».

A travers sa vision de l’art qu’il décline dans ce Beau-livre, une vision d’ailleurs ouverte à la discussion, Fouad Laroui entend également ouvrir un débat et souligner que « l’art n’est pas une distraction, encore moins du superflu, mais quelque chose de profondément important pour nous les Marocains. Car c’est par l’art que nous créons nos liens et qu nous montrons aussi notre différence ; et c’est ce qui est le plus beau : être à la fois unis mais divers ».

Dans son hommage à l’art contemporain marocain, Fouad Laroui ne compte pas en rester là. « Il y aura une autre version prochainement qui regroupera d’autres artistes marocains », a-t-il confié.

Pour l’ambassadeur du Maroc en France, Chakib Benmoussa « Lumières marocaines » est « un bel hommage à la scène artistique marocaine qui est l’une des plus actives du monde arabe et du continent africain ».

« Ce Beau-livre constitue également une meilleure connaissance de l’art contemporain marocain, grâce au regard averti qu’il pose sur pas moins de soixante artistes. Des artistes différents par leurs styles et leurs modes d’expression, leurs parcours, et les sensibilités artistiques qui sont le fruit de riches héritages intellectuels et historiques. Mais qui ont tous en commun un ancrage dans la modernité et une ouverture sur le monde », a dit M. Benmoussa dans une allocution lue en son nom.

L’ambassadeur marocain a tenu également à souligner la haute sollicitude de Sa Majesté le Roi à la promotion de la culture dans sa diversité, dans son ancrage dans l’identité nationale avec ses nombreuses composantes et influences mais aussi dans l’ouverture sur le monde. D’ailleurs, a-t-il dit, la Constitution marocaine en prend acte et impose que la culture soit partie intégrante du développement du Royaume et de son ambition d’intégrer le club des pays émergents, et soit un facteur de cohésion sociale et de rayonnement du pays à l’international.

Cette sollicitude royale, a ajouté M. Benmoussa, s’exprime notamment dans l’intérêt porté à l’art contemporain comme le montre la création du Musée Mohammed V d’Art contemporain de Rabat qui met en avant le Maroc comme une terre de peintres ; une terre qui a attiré et inspiré les plus grands artistes, marqués par sa lumière, son architecture et ses couleurs.

Evoquant le futur Centre culturel du Maroc à Paris, M. Benmoussa a affirmé que l’ambition de ce centre, voulu par Sa Majesté le Roi, est de participer au rayonnement de la culture marocaine en France et de refléter, comme le font les artistes marocains à travers leurs œuvres, « ces histoires d’influences croisées et d’expériences de l’altérité propres à de nombreux artistes marocains ».

Le Beau-livre « Lumières Marocaines » a été présenté lors d’une table ronde sur le thème "Influences au cœur de la création contemporaine marocaine", en présence de l'auteur, des artistes peintres Amina Benbouchta, Yoriyas, Mahi Binebine, Mounat Charrat, M’Barek Bouhchichi, de Patricia Defever, éditrice de Langages du Sud et de Hicham Daoudi, galeriste, fondateur du Comptoir des Mines Galerie, un nouveau centre d’art contemporain situé à Marrakech.

Durant cette table-ronde, les artistes présents ont livré chacun leur conception du terme « influence », donnant le ton à un débat passionné et passionnant pour le plus grand plaisir de l’assistance.

C’est Mahi Binebine qui ouvre le débat en affirmant qu’il n’y a pas d’artiste qui ne s’inspire pas d’un autre artiste : « sinon, en littérature, après Dostoïevski, comment peut-on toujours écrire ?». Pour l’art c’est pareil. « Nous sommes le produit de tout ce que nous avons aimé !! », a-t-il dit.

Amina Benbouchta définit, elle, la notion d’influence comme « un processus », « une appropriation » : prendre chez l’autre ce que l’on a en soi. Les origines, les rencontres, la société… peuvent aussi constituer une influence, estime-t-elle.

Yassine Alaoui Ismaili plus connu sous le nom artistique de « Yoriyas », arrivé à la photographie à travers les maths, la danse et les échecs, évoque, lui, l’influence qu’ont eu ses disciplines sur son parcours et sa création artistiques.

L’artiste peintre Mounat Charrat confie avoir eu « énormément d’influences dans sa vie » qui ont participé à créer sa propre identité artistique. Des influences de ses origines et des ses racines marocaine, berbère et espagnole. Elle considère « l’artiste comme une éponge qui absorbe toutes les influences ».

M’Barek Bouhchichi, pour qui « l’influence est une chose humaine à laquelle on ne peut pas échapper », affirme vouloir expérimenter « le dés-apprentissage » pour « s’aventurer dans une sorte de réappropriation du langage et s’échapper ainsi des influences ».

Pour le galeriste Hicham Daoudi, le mot influence, qui a pris « une tournure occidentale", "ne veut rien dire". «Osons parler de ce que l’art occidental a pris des autres arts », a-t-il dit en interpellant l’assistance. Et de souligner que l’art au Maroc est « un art de responsabilité qui a crée des école, des mouvements avec des passerelles avec l’occident, l’Afrique, le monde arabe…».

Le débat a ensuite convergé vers une réflexion lancée par Fouad Laroui à savoir « l’art est-il un acte politique ? ».

Pour Mahi Binebine « quand on est artiste du Sud, on est fatalement dans cette position d’acte politique ». Une réflexion à laquelle adhère Amina Benbouchta qui estime qu’«il y a toujours une dimension politique quand on fait de l’art ».

Hicham Daoudi souligne, lui, l’importance de donner « une juste place » aux artistes dans la société. « Rendre l’artiste indépendant financièrement (pouvoir vivre de son art), est l’œuvre à laquelle il s’attèle. « C’est aussi cela mon engagement politique et artistique », a-t-il dit.

Concluant cette table ronde, Patricia Defever, éditrice de Langages du Sud, a exprimé toute sa joie d’avoir pu montrer, à travers ce Beau-Livre, cette diversité de l’art et de la culture marocaine.

« Valoriser et montrer des jeunes artistes marocains est une question essentielle » pour la maison d’édition Langages du sud, née d’une passion pour le Maroc, ses traditions et ses richesses, a-t-elle dit.