Gauguin et les Nabis: une exposition avec des toiles rares au musée de Lodève

AFP

Lodève - Le musée de Lodève propose jusqu'au 14 novembre une exposition intitulée "De Gauguin aux Nabis, le droit de tout oser", qui permet de découvrir la place de ces artistes dans l'histoire de l'art moderne, à la charnière des XIXè et XX siècles.

Gauguin et les Nabis: une exposition avec des toiles rares au musée de Lodève
Depuis 1993 et l'exposition au Grand Palais, aucun hommage n'avait été rendu aux Nabis, ces "prophètes" d'un nouvel art pictural, ayant inventé "le droit de tout oser" selon les termes de Gauguin..

L'exposition réunit plus de 150 pièces -- peintures, sculptures, dessins, gravures sur bois, objets en céramique -- dont de très nombreuses prêtées par le Musée-Jardin Maurice Denis, peintre et théoricien du mouvement Nabi, à Saint-Germain-en-Laye, partenaire de l'événement.

Des toiles proviennent aussi de collections privées, certaines ayant été jusque-là peu ou jamais montrées. Parmi ces inédits, figurent "Paysage" de Mögens Ballin, "Paysage de Bretagne" de Maurice Denis, ou un autoportrait de cet artiste "à califourchon sur une branche".

Déclinée en neuf sections, l'exposition s'attache aussi à montrer l'intérêt de ces artistes pour les arts décoratifs, la littérature, le théâtre, pour lequel ils créent des affiches, la céramique, l'art japonais et le symbolisme... autant de voies que les Nabis ont explorées, selon un des commissaires de l'exposition et historien d'art, Gilles Genty.

Elle s'ouvre sur des oeuvres d'artistes de l'Ecole de Pont-Aven, des bronzes de Paul Gauguin -- que les Nabis vont considérer comme "leur père spirituel", souligne Gilles Genty -- ou des toiles d'Emile Bernard et de Charles Filiger.

"Tout oser, libérer la jeune génération, c'est à cette époque rompre avec l'académisme et réagir face au naturalisme et au réalisme photographique enseignés dans les écoles de peinture et les ateliers où les élèves apprennent +le métier+", explique le second commissaire de l'exposition, Frédéric Bigo.

Le mouvement va se caractériser par des aplats de couleurs, souvent vives. Ainsi, le "Paysage décoratif" de Jan Verkade, peint vers 1891-1892, met en lumière cette technique "typique de ce qui va guider le style des Nabis et plus loin l'oeuvre du XXè siècle", selon Gilles Genty.

Bonnard "le Nabi très japonard", Vuillard "le Nabi zouave", Sérusier "le Nabi à la barbe rutilante", se retrouvent à Lodève, mais l'exposition fait surtout la part belle à Maurice Denis.

Du "Nabi aux belles icônes", on découvre notamment "Paysage de Bretagne", où le bord de mer, les collines, les champs et les bois offrent des lignes onduleuses, ou "Régates à Perros Guirrec".

Il signe aussi des projets de papier peint ou de vitrail, des céramiques. Dans une section baptisée "intimités", il met en scène la famille, les enfants - il en eut lui-même neuf au total - ou sa première femme Marthe.

A partir des années 1900, le groupe des Nabis va se dissoudre. Mais, s'enthousiasme Gilles Genty, ces artistes auront été pendant une dizaine d'années "d'une richesse incroyable," à la base d'une nouvelle esthétique, et ouvriront la voie au fauvisme et à l'abstraction.


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