L'ONU alerte sur la détérioration de la situation sécuritaire dans le Sahel

AA

L’envoyé de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel a alerté mercredi le Conseil de sécurité sur l’augmentation "encore plus visible et significative" des attaques violentes directement liées à l’extrémisme violent dans la région indique l'ONU dans un communiqué publié mercredi soir sur son site.

"La situation sécuritaire reste instable dans tout le Sahel, où l'escalade de la violence et l'insécurité ont déclenché une crise humanitaire sans précédent laissant 5,1 millions de Burkinabés, Nigériens et Maliens dans le besoin", a déploré Mohamed Ibn Chambas, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la région. 

La situation sécuritaire s’est rapidement détériorée ces six derniers mois au Burkina Faso qui a enregistré 226 incidents de sécurité. Le nombre de personnes déplacées par les violences au pays des hommes intègres a été multiplié par cinq en six mois (47.000 en décembre 2018 contre 220.000 en juin 2019) et Ouagadougou compte aujourd’hui 25.000 réfugiés sur son territoire, rapporte l'ONU.

Le nord et l’est du Burkina Faso restent les régions plus touchées par les attaques récurrentes de groupes terroristes et armés et par une augmentation de la violence intercommunautaire avec la participation vraisemblablement incontrôlée de groupes d'autodéfense, rappelle la même source.

Les groupes terroristes prennent directement pour cible les établissements scolaires et médicaux. "Aujourd’hui, un total de 2.024 écoles et 37 centres de santé restent fermés au Burkina Faso sous l’effet direct de cette crise", a déploré Chambas. 

Dans le bassin du lac Tchad, les attaques du groupe terroriste Boko Haram continuent de menacer la paix et la stabilité de la région, a ajouté Chambas.

Trente attaques suicides y ont été enregistrés durant la première moitié de l’année 2019, soit soit une baisse de 70% par rapport à l’année dernière, ajoute l'ONU, soulignant que ceci a été fait grâce aux efforts de la Force multinationale de lutte contre Boko Haram.

L'ONU note, toutefois, que le groupe reste actif et multiplie les attaques meurtrières dans la région du lac Tchad.

En juin, au moins 147 civils avaient été enlevés dans la région de Diffa (sud-est du Niger), le nombre le plus élevé jamais enregistrée depuis 2015, rappelle la même source. 


Commentaires (0)
Nouveau commentaire :