Madrid sur le point de placer la Catalogne sous tutelle

Reuters

MADRID/BARCELONE - Le gouvernement central espagnol était en passe, vendredi, de prendre le contrôle de la Catalogne, pour contrecarrer ses velléités sécessionnistes.

Le Sénat espagnol est réuni depuis 10h00 locales (08h00 GMT) pour débattre de la mise en oeuvre par le gouvernement de Madrid de l‘article 155 de la Constitution, qui permet la mise sous tutelle d‘une région lorsqu‘elle enfreint le droit.
 
“Il ne faut adopter des mesures exceptionnelles que lorsqu‘aucun autre remède n‘est possible”, a déclaré le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, dans un discours devant les sénateurs. “A mon avis, il n‘y pas d‘autre solution. La seule chose qu‘il faut faire et qui doit être faite, c‘est d‘accepter la loi et de s‘y conformer”.
 
“Nous sommes confrontés à un défi sans précédent dans notre histoire récente”, a continué Mariano Rajoy, pour qui les dirigeants catalans feignent d‘ignorer la loi et se livrent à une parodie de démocratie.
 
L‘autorisation du Sénat, où le Parti populaire de Mariano Rajoy détient la majorité absolue, est une étape nécessaire au gouvernement pour pouvoir administrer directement la Catalogne. Le vote à la chambre haute devrait avoir lieu aux alentours de 14h00 locales (12h00 GMT).
 
Mariano Rajoy devrait ensuite présider un conseil des ministres lors duquel seront adoptées les premières mesures de mise sous tutelle de la Généralité. Elles pourraient comprendre la destitution du gouvernement régional et la mise sous tutelle directe des forces de police catalanes par Madrid.
 
Reste à savoir comment, sur le terrain, les mesures seront appliquées et dans quelle mesure les Catalans les accepteront. Certains partisans de l‘indépendance ont appelé à une campagne désobéissance civile.
 
RASSEMBLEMENT INDÉPENDANTISTE A BARCELONE
 
Les partis indépendantistes ont fait inscrire vendredi à l‘ordre du jour du parlement régional une motion visant à proclamer l‘indépendance et l‘avènement de la République de Catalogne, croit savoir le journal La Vanguardia, sans pouvoir dire si elle sera ou non soumise à un vote.
 
La motion a été présentée par les députés de Junts pel Si (Ensemble pour le oui) et de la CUP (extrême gauche), qui, ensemble, sont majoritaires à l‘assemblée régionale.
 
Renonçant finalement jeudi à convoquer des élections régionales anticipées, le président de Catalogne, Carles Puigdemont, a déclaré qu‘il incombait au parlement de la Généralité de se prononcer sur la réponse à apporter aux décisions de Madrid.
 
Le 10 octobre, neuf jours après la tenue d‘un référendum sur l‘indépendance, Carles Puigdemont avait fait une déclaration d‘indépendance ambiguë, aussitôt suspendue pour permettre l‘ouverture de négociations avec le gouvernement espagnol.
 
Mais aucune discussion n‘a eu lieu et Carles Puigdemont n‘a pas donné suite à l‘invitation à se présenter devant le Sénat pour expliquer sa position.
 
L‘assemblée régionale de Catalogne, qui devait se réunir en séance ce vendredi à partir de midi (10h00 GMT) pourrait décider de lever la suspension de l‘indépendance, faire une déclaration d‘indépendance plus explicite, ou bien soumettre à un vote une motion officielle de scission avec l‘Espagne.
 
Aucune de ces possibilités ne devrait avoir de conséquence directe car la Cour constitutionnelle d‘Espagne invaliderait aussitôt toute nouvelle étape vers l‘indépendance.
 
Dans les rues du centre de Barcelone affluaient vendredi à la mi-journée des foules de partisans de l‘indépendance, qui scandaient le mot “Liberté” en catalan et reprenaient des chants traditionnels de leur région.
 
“Je suis inquiet, je suis nerveux, comme tout le monde. Mais la liberté n‘est jamais gratuite”, déclarait un musicien de 50 ans, Jaume Moline, parmi la foule.


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