Recherches en haute mer après la disparition du vol AF447

Reuters

Des débris ont été repérés en surface de l'océan Atlantique dans la zone où pourrait avoir disparu l'avion d'Air France assurant la liaison Rio de Janeiro-Paris pour des raisons encore indéterminées, a annoncé l'armée de l'air brésilienne qui vérifie l'information.

Recherches en haute mer après la disparition du vol AF447
Des avions de recherche brésilien et français ont poursuivi à l'aube leur survol de la zone où le vol AF447 a disparu lundi, entre le Brésil et l'Afrique de l'Ouest.

Les traces signalées ont été observées lundi soir par l'équipage d'un avion de ligne de la compagnie brésilienne TAM alors qu'il se trouvait dans l'espace aérien du Sénégal.

La compagnie aérienne a précisé que son équipage avait vu des "points lumineux" à la surface de l'océan à 800 milles (1.300 km) de l'archipel Fernando de Noronha. Le vol AF447 venait de dépasser ces îles situées à 350 km de la côte brésilienne au moment du dernier contact.

Cette découverte a également été mentionnée par le vice-président brésilien, Jose Alencar, qui a précisé que le pilote de la TAM avait vu "quelque chose en feu" sur l'océan.

Un navire de commerce se trouvant dans cette zone n'a cependant remarqué aucun débris. Air France n'a pas voulu faire de commentaire à ce stade.

"Nous chercherons toute la nuit et continuerons après l'aube", a dit le colonel Jorge Amaral, de l'armée de l'air brésilienne. "Nous devons travailler comme s'il était possible de trouver des survivants", a-t-il ajouté.

LA ZONE D'IMPACT "À PEU PRÈS IDENTIFIÉE"

Le vol AF447 avec 228 personnes à son bord a disparu dans la nuit de dimanche à lundi après son décollage de Rio de Janeiro au-dessus de l'Atlantique pour des raisons encore inconnues.

Selon Pierre-Henri Gourgeon, directeur général d'Air France-KLM, "la zone (d'impact) est à peu près identifiée au niveau de l'Atlantique, qui peut être cernée à quelques dizaines de nautiques près avec l'espoir de retrouver des restes de l'épave ou de détecter les émissions des balises Argos".

A l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle comme à Rio, des équipes de soutien psychologique ont pris en charge des proches des passagers et membres d'équipage.

Air France a adressé lundi soir ses condoléances aux proches des passagers et membres d'équipage, laissant penser qu'il n'y a aucun espoir de trouver des survivants.

"Les chances de retrouver des survivants à l'heure où je vous parle sont infimes", a confirmé Nicolas Sarkozy à la presse après une visite à la cellule de crise installée à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. "C'est une catastrophe comme jamais la compagnie Air France n'en avait connu."

Le vol Air France AF447 avait quitté Rio dimanche à 19h03, heure locale (22h03 GMT) et devait arriver lundi à 11h15 heure française au terminal 2E de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle. L'aviation brésilienne a perdu la trace du vol AF447 à 03h33 heure française, soit trois heures et demie après le décollage, a fait savoir l'armée de l'air brésilienne.

Aux alentours de 04h15, une succession de messages techniques ont été envoyés à destination des services de maintenance. Ils indiquaient que "plusieurs équipements d'avionique entrent en défaut ou sont l'objet de pannes", selon le récit du directeur général d'Air France.

32 NATIONALITÉS À BORD

Lors d'une conférence de presse à Roissy, Air France a annoncé que 61 Français comptaient parmi les passagers, en plus des douze membres de l'équipage, tous Français.

Cinquante-huit Brésiliens étaient également à bord, 26 Allemands, neuf Chinois, neuf Italiens, six Suisses, cinq Britanniques et cinq Libanais. On compte aussi quatre Hongrois, trois Slovaques, trois Norvégiens, trois Irlandais, deux Américains, deux Polonais, deux Marocains et deux Espagnols.

Des ressortissants d'autres pays étaient également à bord. Au total 32 nationalités sont concernées.

Des cadres dirigeants du manufacturier français Michelin, de la filiale brésilienne de l'aciériste allemand ThyssenKrupp et du groupe minier brésilien Vale se trouvaient parmi les passagers.

Pedro Luis de Orleans e Braganca, l'un des descendants directs de Dom Pedro II, le dernier empereur du Brésil, était également à bord.

Si aucun survivant n'est retrouvé, cet accident sera le pire en nombre de personnes tuées de la compagnie aérienne en 75 ans d'existence. L'accident du Concorde en juillet 2000 avait fait 113 morts et celui d'un Boeing 707 en 1962 130 morts.

L'avion, un Airbus A330-200 mis en service le 18 avril 2005, totalisait 18.870 heures de vol. Sa dernière visite d'entretien en hangar datait du 16 avril.


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