Sophie Marceau : la cause des femmes
Le Dauphiné libéré.com/Jean Serroy
Elle l'avoue avec un sourire qu'elle sait, à l'évidence, désarmant : « Je ne vais jamais au cinéma, je n'ai pas le temps. »
Pour l'heure, il s'agit d'un autre Dany Boon : celui qui joue à ses côtés le rôle de l'époux classique, qui laisse à sa femme le soin de l'intendance, sans reconnaître le mérite qui lui revient. À l'heure des couples libérés et du partage des responsabilités, cette conception de la vie conjugale ne sent-elle pas un peu son cliché ? «Je ne crois pas, affirme-t-elle. Aujourd'hui encore, d'innombrables inégalités demeurent. Je crois que la société n'est pas suffisamment intelligente pour s'adapter vraiment aux nouvelles donnes. Même si ça commence, dans les pays nordiques, par exemple.»
Et elle en veut pour preuve le monde où elle évolue, celui du cinéma : «C'est encore largement un monde d'hommes, dit-elle, même si cela a évolué depuis l'époque où j'ai commencé, il y a deux siècles et demi ! À l'époque, il n'y avait que des hommes, les femmes en étant réduites à être scriptes, monteuses ou maquilleuses. Aujourd'hui, ça s'arrange un peu. Mais une femme a toujours du mal à être vraiment prise au sérieux.»
Et dans sa vie de tous les jours, ressent-elle la même chose ? «J'essaie de trouver l'équilibre, et ce n'est pas facile, entre ma vie personnelle, mes enfants, et mon métier. Bien sûr, il y a forcément, quand je tourne, de longues plages où je suis absente. Mais je me débrouille. Il m'est d'ailleurs arrivé de refuser des projets, pour ne pas partir : par exemple, on m'avait proposé in tournage en Antarctique. Mais je venais d'avoir ma fille, c'était compliqué, et je n'en avais pas envie.» Et elle ajoute, avec un sourire toujours aussi désarmant : «Je n'ai jamais voulu faire une carrière. Je ne cours pas après les choses, je profite des occasions...»
"De l'autre côté du lit", actuellement sur les écrans.